C’est la rencontre fortuite de la japonaise Rei Kawakubo et du plasticien français qui a donné une des plus belles histoires de la parfumerie, inspirée par l’odeur du kérosène, de la photocopieuse en surchauffe, du savon de Marseille ou d’une tubéreuse « fracassée » au maillet.
« Si l’on vient chez Comme des Garçons, que ce soit pour la mode ou pour le parfum, c’est que l’on aime et que l’on recherche la différence » estime Christian Astuguevieille, ce fou de vétiver et de tubéreuse qui, depuis la première composition, sortie en 1994, signe la direction artistique des fragrances de la marque japonaise. Voilà trente ans, donc, que ce plasticien prend le contrepied d’une parfumerie ultramarketée. En dosant les molécules synthétiques en veux-tu, en voilà qui fleurent le kérosène, la photocopieuse en surchauffe, le savon de Marseille, la crème solaire, l’encens d’Avignon… Ou encore en clonant des odeurs de matériaux inorganiques de la vie quotidienne, des odeurs jamais utilisées auparavant sans noms précis, juste des idées abstraites et des formules chimiques (ce sont, par exemple, Odeur 53, Odeur 71, Odeur du Théâtre du Châtelet…).
Quelque 119 parfums plus tard (dont des trésors signés avec le modiste Stephen Jones, les Galeries Serpentine…
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