Dans l’univers des sneakers, la chaussure de skate format XXL est plus populaire que jamais, aux pieds de la Gen Z et dans les boutiques de luxe.
Au premier regard, elle ressemble comme deux gouttes d’eau à la Vans Old Skool, l’une des chaussures de skate les plus connues au monde, lancée en 1977 par la marque d’Anaheim (Californie). Mais quand on l’observe de plus près, certains détails attirent l’attention : le logo « jazz stripe » est en relief, les lacets sont particulièrement larges et, surtout, sa languette a l’air hypertrophiée. Elle, c’est la Knu Skool sortie en 1997, qui, depuis plusieurs mois, caracole en tête des ventes de l’enseigne spécialisée Courir. Emblématique, donc, de la nouvelle tendance au rayon sneaker (qui court toujours après les nouveautés) : la chaussure « gonflée » à l’hélium…
La Vans en question n’est pas la seule à chausser la Gen Z. En mai 2022, à Venice Beach, Kim Jones, le directeur artistique des collections masculines de Dior, s’associe à Eli Russell Linnetz, le fondateur de la marque californienne ERL, pour son défilé croisière 2023. Aux pieds des mannequins, une chaussure de skate surdimensionnée à œillets et lacets extra-larges, grosse semelle et languette démesurée. Si cette B9S est désormais épuisée, la maison de l’avenue Montaigne continue de surfer sur la tendance avec sa basket Derby Dior Snow jaune, cosignée avec Lewis Hamilton. Même la plus ancienne maison de couture parisienne s’y est mise, et avec succès, à savoir Lanvin et son modèle Curb à lacets tubulaires Snake, inspirés des serpents des créations des années 1920 de Jeanne Lanvin…
L’influence des années 1990
Comment expliquer un tel engouement pour des baskets aussi singulières ? Cela fait à vrai dire plusieurs années que les sneakers affichent des volumes plus généreux, au niveau de la semelle (les amortis ultra-épais des chaussures de running Hoka), de l’empeigne (la fameuse Triple S de Balenciaga, et la plus récente 10XL de la même marque) ou mieux, des deux (la Vamp best-seller chez ERL, qui ferait passer un petit 38 pour un 44). À cela, il faut ajouter la fascination des jeunes générations pour l’esthétique des années 1990 et ses jeans délavés, ses cardigans grunge et ses « grosses » baskets telles que la D3 d’Osiris, la Court de DC Shoes et la Sal 23 d’Etnies. D’autant que l’univers du skateboard a toujours entretenu des liens étroits avec la mode à l’image des marques Supreme et Stüssy ou des artistes-designers qui en sont influencés comme Pharrell Williams chez Louis Vuitton ou encore, Tyler, The Creator.
Par ailleurs, comme les « charms » de sacs à l’effigie d’Hello Kitty et autres peluches, tout ce qui est kawaï attire ces derniers temps les (jeunes) fans de vêtements. Et ces chaussures gonflées à outrance prêtent à sourire, certes, mais évoquent aussi l’enfance. Régressif ? Totalement.
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