Toutes ses fleurs sont belles, claironnait un célèbre chanteur français à la fin des années 1970, tout en leur reprochant de lui brûler souvent les doigts. Les fleurs des magnolias n’ont pourtant rien de toxique, mais Léa Launay, fleuriste-paysagiste dans le pays d’Auge, préfère ne pas y toucher, car elle « trouve trop dommage de les couper ». La fondatrice de Maison Magnolia se contente d’utiliser le feuillage, vert dessus, cuivré dessous, de la variété Grandiflora, pour ses bouquets d’automne et de profiter du spectacle des arbres en fleur.
Avec leur tronc souvent déformé, leurs fleurs, comme des tulipes, larges jusqu’à 25 centimètres d’envergure, odorantes, à la fois fragiles mais qui en imposent, « les magnolias ont quelque chose de majestueux, une présence », fait remarquer la paysagiste de Saint-Pierre-en-Auge (Calvados). Côté jardin, il peut jouer presque toutes les scènes, ajoute-t-elle. Avec des azalées, des érables, il apporte une touche japonaise au décor. Aux côtés de viornes et autres fleurs blanches, il donne au parterre une tonalité beaucoup plus classique. Mais la fleur star du tube de 1977 supporte aussi très bien la vie en pot.
« Il n’est pas très grand et ne prend pas toute la place dans un jardin modeste », confirme Romaric Perrocheau, directeur du service Nature et jardins de la ville de Nantes, à la tête de la plus grande collection française du genre. Lui conseille aux amateurs des « frissons du printemps et des feux d’artifice » d’adopter la version asiatique du magnolia. Dès le mois de mars, ses fleurs énormes blanches ou d’un rose pétant poussent sur ses branches encore nues, posées là comme des oiseaux prêts à s’envoler, et, même si leurs pétales tombent très vite après avoir éclos, apparaissent alors « des feuilles délicates » et caduques.
La variété Grandiflora américaine est tout l’inverse. Plus odorante, « mais moins chargée en émotions que le Magnolia stellata, car elle affiche la même allure hiver comme été. C’est la permanence absolue », poursuit le responsable du plus vieux et du plus beau spécimen de France. Planté au milieu du Jardin des plantes de Nantes en 1806, le tronc du doyen des magnolias a souffert, mais il est toujours là, visible aux coordonnées 47°13’10.7’’ Nord 1°32’33.96’’ Ouest. Comme autrefois.
Noms savants « Magnolia grandiflora » et « Magnolia stellata ».
Zone de prédilection Les sols acides.
Floraison Du 1er mars au 15 avril pour le magnolia asiatique, en juillet et en août pour le magnolia américain.
Entretien Arroser en été et vérifier que le sol est humide sans être trempé. En vase, écraser le bas de ses tiges.
Aime Les atmosphères confinées et à ses pieds les tapis de feuilles, qui lui rappellent le sous-bois.
N’aime pas Les grands écarts de température, le sec, le gel et le vent.
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