L’outil technique est impressionnant, et sa présence presque improbable à quelques mètres à peine de la prestigieuse avenue de Champagne, à Epernay (Marne). Juste à côté des grandes maisons et marques de bulles abritées derrière de fières façades de pierre et des grilles en fer forgé, se trouve la cuverie semi-enterrée de Pol Roger, cette fois en acier étincelant, abritant pas moins de 300 cuves, de 20 à 160 hectolitres chacune. On ne peut qu’être ébloui par l’esthétique architecturale de l’ensemble.
Outre les contenants en Inox, la maison dispose aussi de cuves en béton carrelé, de 60 à 350 hectolitres, pour conserver ses vins de réserve. Mais pas de fûts. « Zéro bois », clame Damien Cambres. Une revendication plutôt rare en Champagne. « C’est une volonté de la maison de conserver l’originalité de ses vins avec l’Inox », affirme le chef de cave. Imaginée en 1999 par son prédécesseur, Dominique Petit, cette cuverie a été achevée en 2012.
Pol Roger, fait rare, est l’une des grandes maisons de champagne à être restée indépendante. Elle revendique une histoire qui remonte à la moitié du XIXe siècle et qui mène la famille d’Aÿ-Champagne (Marne), village d’origine, à Epernay, à 4 kilomètres de là, où elle s’installe en 1851. Pol Roger, né la veille de Noël en 1831, crée sa maison de négoce de vins à 18 ans. Six mois après sa création en 1849, Pol Roger vend « 3 769 bouteilles et 825 demi-bouteilles ». Un siècle plus tard, en 1949 donc, ce sont « 267 938 bouteilles » qui ont été exportées dans 55 pays, racontent les archives de la maison sparnacienne.
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