Réunis, début janvier, dans une salle de la Villa Noailles, à Hyères, ils ont commencé par s’interroger, échanger des concepts, évoquer des images. Allier mode et danse, comme cette résidence artistique les y invitait, cela voulait-il dire, par exemple, parodier un défilé en accentuant ses mouvements stéréotypés ? Ou l’imaginer à l’envers ? Ou bien au ralenti ? Finalement, c’est un geste qui a déclenché la pièce d’une dizaine de minutes créée par les chorégraphes et danseurs Anna Chirescu et Grégoire Schaller, et la designer de mode Lucille Thièvre.
Dans les justaucorps usés que les premiers portaient, combinaisons extensibles qui les couvrent du cou aux chevilles, la seconde a fait des découpes dévoilant la peau. Ces ajours permettent aux danseurs de passer une main, un bras, voire une tête. « C’est comme si on enfilait le vêtement de l’autre, dans un mouvement de fusion », résume Anna Chirescu, interprète régulière des ballets de Merce Cunningham (1919-2009), qui a fait de l’académique (un justaucorps avec des jambes) l’uniforme de ses danseurs.
Il vous reste 86% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source du contenu: www.lemonde.fr
