Le Britannique, en poste depuis 2018 avenue Montaigne, quitte son poste après des mois de rumeurs. Ni le nom de son remplaçant, ni celui de son prochain employeur, n’est pour l’instant connu.
Depuis plusieurs mois, son avenir au sein du groupe LVMH faisait l’objet de spéculations. Kim Jones, directeur artistique des collections masculines de Dior depuis 2018, quitte la maison de l’avenue Montaigne avec effet immédiat. Un départ qui intervient quelques mois après son départ de Fendi, autre marque de LVMH dont il dessinait les collections féminines. Le Britannique de 51 ans se retire sur un dernier show époustouflant de maîtrise, le 24 janvier dernier, jour où il a également reçu la Légion d’honneur. Bien des observateurs avaient vu, dans ce défilé à la mise en scène épurée et cette collection inspirée des archives de Christian Dior, un au revoir… Une intuition désormais confirmée. « Je suis extrêmement reconnaissante pour le travail remarquable effectué par Kim Jones, son studio et les ateliers, déclare, dans un communiqué, Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture. Avec tout son talent et sa créativité, il a constamment réinterprété l’héritage de la maison, avec une authentique liberté de ton et des collaborations artistiques surprenantes et très désirables.»
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Après sept ans chez Louis Vuitton, où il a lancé le prêt-à-porter masculin et signé une collaboration légendaire avec Supreme, Kim Jones avait succédé au Belge Kris Van Assche chez Dior Men en 2018. Au fil de ses presque quinze ans au service de ces deux titans du luxe français, il s’est imposé comme l’un des plus profiliques et talentueux créateurs de la mode masculine. Il est aussi l’un des pionniers de l’incursion du streetwear dans le luxe et de la «mode entertainment » telle qu’on la connaît aujourd’hui. En sept ans chez Dior, il a ainsi multiplié les «collabs » (avec le rappeur Travis Scott, le créateur culte Shawn Stussy, les artistes Kenny Scharf et Kaws, la griffe Stone Island) et les shows spectacles, à l’image de l’automne 2023 présenté en décembre 2022 devant les Pyramides d’Égypte ou de son printemps-été 2024, à Paris en juin 2023, avec ses modèles sortant du sol. Il a surtout su réactualiser l’héritage de Christian Dior (veste Bar proposée à l’homme, focus sur le savoir-faire sartorial) et de ses successeurs (Yves Saint Laurent, notamment), touchant également une clientèle plus jeune à grands coups de sneakers rares (une Jordan rapidement introuvable et vendue à prix d’or) et d’accessoires efficaces (le fameux Saddle Bag, inventé par John Galliano et décliné à l’homme). « Ce fut un véritable honneur d’avoir pu créer mes collections au sein de la maison Dior, symbole de l’excellence absolue, déclare Kim Jones. J’exprime ma profonde reconnaissance envers mon studio et aux ateliers qui m’ont accompagné dans ce merveilleux voyage. Ils ont su donner vie à mes créations. J’en profite également pour remercier les artistes et amis que j’ai pu croiser par le biais de mes collaborations. Enfin, j’éprouve une sincère gratitude envers Bernard et Delphine Arnault qui m’ont apporté leur total soutien. »
À l’heure actuelle, on ignore quel sera l’avenir de Kim Jones. Mais son sens du produit, son talent pour revisiter les codes d’une marque et sa notoriété pourraient attiser les convoitises de bien des maisons en quête d’un nouvel élan… Pour Dior et le groupe LVMH, ce départ semble être le premier domino d’un bouleversement qui devrait bénéficier à un homme : Jonathan Anderson, officiellement toujours chez Loewe (également propriété du groupe), que les rumeurs envoient plus que jamais avenue Montaigne.
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