Lisa Gachet, créatrice de mode : « J’ai parfois passé plusieurs semaines, étudiante, à manger de la soupe lyophilisée, pour me permettre d’acheter mes tissus »

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J’ai souvent favorisé la mode au détriment de mon alimentation. J’ai grandi à la campagne, dans le Médoc, où je rêvais plutôt d’une vie citadine. Cela ne m’intéressait pas spécialement d’aller « jouer dehors », comme le recommandaient mes parents. Je rêvais de rester à l’intérieur pour dessiner et créer pendant des heures – j’étais impatiente d’avoir 24 ans, l’âge auquel j’avais décidé que je pourrais vivre ma vie comme je l’entendais.

Aujourd’hui, je ne rêve que de nature, et lorsque ma fille de 3 ans me demande à quel moment elle sera grande, je lui conseille de profiter de sa vie tant qu’elle est petite… Mais c’est difficile à comprendre quand on est enfant. Lorsque j’ai eu 18 ans et que mes parents m’ont proposé de me payer soit une école de mode privée à Bordeaux, soit un petit appartement à Paris si j’intégrais une école publique, j’ai foncé, j’ai postulé et été admise à l’Ecole Duperré.

Pendant trois ans, j’ai dû me serrer la ceinture pour pouvoir payer les matières premières dont j’avais besoin pour mes créations. J’ai parfois passé plusieurs semaines, étudiante, à manger de la soupe lyophilisée, pour me permettre d’acheter mes tissus. Quand je rentrais chez mes parents, je me rattrapais et dévorais les plats de ma mère. Elle a toujours beaucoup cuisiné pour mon frère, ma sœur et moi, et tenait à nous préparer des repas équilibrés. C’était une obsession chez elle, et je crois qu’elle n’a commencé à cuisiner pour le plaisir que lorsque nous avons quitté la maison.

De gros, grands plats réconfortants

Mon père ne se mettait pas aux fourneaux, mais m’emmenait de temps en temps au restaurant. Et avec mon grand-père, je ramassais beaucoup de pommes de pin et passais énormément de temps à collecter les pignons. C’est sans doute pour cela que j’aime tant cette graine, au point d’en mettre dans presque tous les plats que je fais, même les gratins dauphinois, que je pimpe avec du pesto rosso.

A la fin de mes études, j’ai commencé à travailler pour des marques de mode, avant de décider de lancer mon blog, en 2011, pour raconter comment je cousais, m’habillais, cuisinais… Il a trouvé son public et j’ai très vite eu une grande communauté. Cinq ans plus tard, j’ai lancé ma marque, qui proposait des patrons pour faire ses vêtements soi-même. Aujourd’hui, nous fêtons les 10 ans de Make My Lemonade, c’est émouvant, excitant et prenant.

A la maison, c’est surtout le père de mes deux enfants qui cuisine, mais quand je sens qu’il faut prendre le relais, je m’y mets. J’aime préparer de gros, grands plats réconfortants, qui peuvent faire plusieurs repas, voire se congeler, comme du bœuf bourguignon, des gratins, du couscous, des lasagnes, bien sûr. Les lasagnes aux épinards et petits pois se réalisent avec un pesto aux pignons, évidemment, et de la levure maltée à la place du parmesan. C’est une recette que me prépare souvent mon compagnon, et que je prends toujours un plaisir fou à manger.

Le site Make My Lemonade

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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