Une boisson en une minute chrono : telle est la promesse du blender, cet appareil tout en hauteur, composé d’un bloc-moteur, surmonté de lames rotatives, elles-mêmes coiffées d’une cuve. Précieux pour préparer vite fait des recettes « healthy », soupes ou smoothies, un blender peut également servir à préparer des cocktails et des sauces froides onctueuses à souhait. Nous avons comparé 9 modèles non chauffants, de marques reconnues, afin de choisir le meilleur avec l’aide d’un jury de 4 utilisateurs. Ces appareils étant d’une conception très simple, nous avons souhaité vérifier qu’un modèle à 150 euros se distinguait vraiment d’un modèle à 30 euros, en termes d’efficacité et de confort d’usage. La réponse est claire : économisez votre argent.
Carton plein pour ce blender, classé premier par les quatre membres du jury indépendant. Ils ont unanimement apprécié la sobriété de l’appareil tout comme l’espace relativement limité qu’il occupe sur le plan de travail. Ils ont aussi noté son poids contenu, malgré le bol en verre. Un engouement qui s’est confirmé lors de la réalisation du smoothie fruits rouges-banane-lait en un tournemain grâce à la fonction dédiée. « Au moins, on peut sortir de la pièce en attendant qu’il finisse », a lâché un des participants. Ils ont également salué la facilité de démontage du bloc lames pour le nettoyage. Nos autres tests ont confirmé l’efficacité de l’appareil, y compris lors de la préparation de petites quantités d’ingrédients, comme pour notre sauce pesto. Un regret cependant, l’appareil manque d’efficacité pour piler les glaçons, malgré une fonction automatique dédiée.
Impossible de faire plus simple que cet appareil au design sympathique et coloré. Le panneau de commandes se résume à un unique bouton cranté… à 3 positions : deux vitesses et le mode pulse. Mais comme nos tests l’ont démontré, y compris en présence du jury, ce dénuement est un atout. On plonge les ingrédients dans le bol, on lance le mixage à la vitesse 2 (à quoi sert la vitesse 1 d’ailleurs ?) et on compte 60 secondes. Résultat, des smoothies onctueux, avec presque pas de fibres ou pépins résiduels. Et s’il vient à en rester encore trop, 15 secondes de mixage supplémentaires les font disparaître. En outre, le blender se révèle très efficace même lorsque l’on utilise peu de liquide, comme nous l’avons confirmé lors de la réalisation de la sauce pesto. Seul bémol, l’appareil n’est pas efficace pour piler la glace ; trop de glaçons ne sont que concassés, et il faut avoir recours à la fonction « pulse » plusieurs dizaines de fois pour en venir à bout.
Tout ce que nous recommandons
Le test complet
A qui s’adressent les blenders ?
Comment nous les avons choisis
Notre blender favori : Miogo MTB2
Le meilleur rapport qualité/prix : Moulinex Blendforce 2
Pourquoi nous faire confiance
L’auteur de ce guide a été chef de rubrique Matériels à l’Ordinateur individuel, l’un des magazines d’informatique les plus populaires des années 1990 et 2000. Durant 11 ans, il a notamment été en charge des comparatifs de matériels. Depuis 2012, il intervient pour différents médias en tant que journaliste indépendant, notamment Science & Vie Junior et 60 millions de consommateurs. Par amour pour la tambouille, il a passé son CAP de cuisine en 2019. Dans le cadre de ce guide d’achat, il a parcouru des centaines d’avis de consommateurs sur Internet et interrogé des utilisateurs de blenders, puis constitué un jury de 4 personnes, qui ont noté la prise en main, le confort d’usage ainsi que le rapport qualité/prix de chaque appareil.
A qui s’adressent les blenders ?
C’est d’abord pour préparer des smoothies, voire des milk-shakes, que la plupart des utilisateurs achètent un blender. Viennent ensuite les soupes, puis les cocktails. Mais, comme nous l’avons constaté durant notre enquête, et en parcourant des centaines de commentaires d’acheteurs sur les sites de vente en ligne, l’appareil peut se révéler indispensable (« comment ai-je pu m’en passer ? »), ou au contraire être rapidement remisé au fond du placard. Compte tenu du prix minuscule de certains modèles, 20 euros pour les moins chers sur Amazon, il s’agit parfois d’un achat impulsif, qui se révèle au final inutile.
Pourtant, ceux qui l’ont adopté en sont ravis. Comme Blanche, qui s’en sert pour mixer ses légumes bio pour la soupe, y compris pour sa petite-fille. Elle y ajoute alors des morceaux de jambon à l’occasion. Ou Daphné, qui prépare son smoothie quotidien depuis 2 ans, avec un mélange de fruits frais et surgelés. Ce qu’elles apprécient avant tout ? La commodité d’usage et la rapidité. « Montre en main, il faut moins de 3 minutes pour préparer un smoothie banane-kiwi » affirme Willie, qui glisse ensuite le bol dans le lave-vaisselle. Chez ces utilisateurs, le blender a trouvé sa place sur le plan de travail et n’en bougerait pour rien au monde.
Mais ce n’est pas la norme, l’appareil est le plus souvent rangé dans un placard et sorti en cas de besoin. Comme chez Kevin, qui l’utilise plusieurs fois par semaine pour préparer ses boissons protéinées après sa séance d’entraînement en salle de sport. Sa cuisine est trop exiguë pour qu’il puisse y laisser l’appareil. Mais il n’envisage pas non plus de s’en séparer, tant il le trouve pratique. « Je n’ai pas de lave-vaisselle, mais le bol se nettoie en un rien de temps sous le robinet ; mon blender a un mode de nettoyage automatique, mais je ne le trouve pas super efficace ». Un constat que nous partageons, pour l’avoir expérimenté lors des tests.
Comme toujours lorsque nous abordons un guide d’achat des petits appareils électroménagers, nous sommes confrontés à une offre colossale. Et notamment à cette marée de produits bas de gamme vendus à prix dérisoire sous des marques différentes. Nous n’avons pas retenu ces appareils parce qu’ils se révèlent souvent de piètre qualité, ensuite parce que leur durabilité pose question (pas de disponibilité des pièces détachées, aucune réparabilité hors garantie). Nous avons donc privilégié des produits de marques reconnues, vendus entre 30 et 200 euros. L’amplitude tarifaire est immense, et pour tout dire surprenante, car une fois encore, nous avons affaire à un appareil d’une rare simplicité : un moteur électrique à vitesse variable, des lames de coupe et un récipient. Il nous semblait donc intéressant de voir si les modèles les plus onéreux s’avèrent plus efficaces que ceux bon marché. Nous n’avons pas été déçus !
Les modèles testés disposent d’un bol en plastique ou en verre. Le premier a l’avantage de la légèreté, ce qui s’avère pratique si la contenance est importante, comme pour le KitchenAid qui dispose d’un volume utile de 2 litres, le plus important parmi les modèles testés. Cependant, même si KitchenAid ou Philips certifient l’absence de Bisphénol A dans leur bol en plastique, (interdit dans l’UE depuis décembre 2024, dans tout matériau en contact avec des aliments), il a été remplacé par d’autres substances (BPS, BPF, Tritan…), dont l’innocuité n’a pas été démontrée. Or les rayures ou microfissures, produites par exemple lors du choc des glaçons contre les parois, peuvent en libérer dans les aliments.
En l’état actuel des connaissances, les conséquences ne sont pas clairement identifiées. Si cette incertitude vous préoccupe, alors optez de préférence pour un bol en verre, en sachant qu’il peut être pénible à manipuler. Lors des tests du jury, une participante n’est pas arrivée à saisir d’une seule main le bol plein de smoothie du blender Bosch. Le vainqueur de ce comparatif, de marque Miogo, est équipé d’un bol en verre qui s’avère plus agréable à manipuler que celui du blender Bosch.
Parmi les appareils retenus, certains disposent d’un panneau de commandes minimaliste comportant seulement une molette crantée, avec une ou deux vitesses de mixage et un mode pulse : une impulsion à vitesse maximale, utile pour décoller des morceaux agglutinés au fond ou sur les bords du bol. A l’opposé, on trouve le Blender intelligent Ninja Detect, un monstre de technologie capable, si l’on en croit la fiche produit, de détecter automatiquement la nature des ingrédients pour garantir à tous les coups le mixage optimal. Nous avons scruté l’engin avec la plus grande attention, nous n’avons trouvé ni spectromètre proche infrarouge, ni caméra couplée à une IA. Comment ça marche ? Mystère, mais pas mieux que les autres. Entre ces deux extrêmes figurent les appareils dotés de programmes automatiques qui alternent entre les différentes vitesses et le mode pulse pour préparer un smoothie, une soupe ou de la glace pilée. Pratique.
Précisons pour finir qu’à l’exception notable du blender Bosch, made in Slovenia, tous les appareils sont fabriqués en Chine. Même le Magimix, vendu quand même 200 euros.
Ergonomie et prise en main
Nous avons longuement manipulé chaque appareil et jugé le confort d’usage : facilité à fixer et retirer le bol d’une main, verrouillage du couvercle, sécurité de fonctionnement… Que se passe-t-il, par exemple, si l’on retire le récipient durant le mixage ? Tous les appareils s’arrêtent et comme les lames sont solidaires du bol, aucun risque qu’elles ne soient éjectées. Sauf pour le Ninja, qui ne représente cependant pas un danger, car son couvercle dispose d’une sécurité coupant le moteur dès qu’on tente de le retirer.
Nous avons également noté la commodité d’ouverture du bloc lames ainsi que la facilité de nettoyage. Tous les bols, lames comprises, passent au lave-vaisselle. En théorie du moins car ceux des KitchenAid et Ninja sont si hauts qu’ils heurtent les bras de lavage rotatifs. Nous avons aussi testé le mode Nettoyage automatique des Bosch, KitchenAid et Magimix : le résultat n’égale pas celui d’un lavage manuel ou à la machine. À noter, le bloc lames du Ninja est particulier puisqu’il s’agit d’une colonne le long de laquelle sont disposées trois paires de couteaux. Nous le verrons plus tard, ça ne mixe pas mieux que le système classique, mais c’est nettement plus périlleux à nettoyer. Nous avons été quittes pour une petite coupure, sans gravité, en le nettoyant dans l’évier.
Confection d’un smoothie
Les quatre participants ont dû préparer un smoothie à partir de 80 grammes de bananes, 50 grammes de fruits rouges surgelés et 20 cl de lait demi-écrémé avec chacun des neuf blenders. Ils ont jugé la facilité de mise en œuvre, l’efficacité du mixage (en mode auto pour les modèles disposant de cette option), l’onctuosité et la texture. Les préparations étaient ensuite passées au tamis pour évaluer la quantité de pépins encore présents.
Confection d’un smoothie avec fibres et pépins
Pour ce deuxième test, nous avons préparé un smoothie composé de 40 grammes d’épinards, une pomme Golden, une rondelle d’un centimètre de gingembre, 4 glaçons et 20 cl d’eau. Nous les avons mixés, jugé l’onctuosité et la texture du smoothie en bouche avant de filtrer le liquide pour vérifier la présence de pépins et fibres résiduels. Les aliments riches en fibre sont réputés plus difficiles à mixer, et les glaçons peuvent être imparfaitement pilés en présence de liquide. Nous avons réalisé ce test en suivant le mode d’emploi (quand celui-ci indiquait comment faire) et avons sélectionné le mode auto sur les appareils offrant cette option. Le fait est que nous attendions beaucoup de ce « périlleux » exercice pour départager les appareils. Il ne l’a pas permis, et c’est sans doute le principal enseignement de notre guide. Tous les blenders mixent convenablement les aliments. Certains sont très rapides et efficaces, comme les Bosch, KitchenAid, qui ne laissent presque aucune fibre intacte. Le Moulinex est sans doute le plus surprenant puisqu’il ne dispose que d’un mode manuel à deux vitesses. Mais un mixage durant 60 secondes produit un smoothie sans presque aucune fibre ou pépin résiduels. Rappelons qu’il s’agit de l’un des modèles les moins chers de notre sélection. Les blenders Russel Hobs et Philips Series 3 000 sont moins performants, mais rien d’alarmant, il suffit de relancer le mixage 30 ou 60 secondes de plus pour obtenir un résultat satisfaisant.
Glace pilée
8 glaçons de 3x3x2 cm jetés dans le bol, sélection du mode auto pour les appareils disposant du mode « glace pilé » et 20 pulses successifs pour les autres… Sauf à être un mixologue passionné, on n’achète pas un blender uniquement pour broyer des glaçons. Heureusement car rares sont les modèles qui réalisent correctement cette tâche. Le KitchenAid et le Ninja sont les seuls qui pilent tous les glaçons de manière homogène. Les Bosch, Philips Series 3 000 et 5 000 et Russel Hobs épargnent 1 ou 2 deux glaçons sur 8, les survivants étant plus ou moins rabotés. Pas mal. La lanterne rouge revient au Moulinex qui projette les glaçons cassés contre la paroi de verre, où ils restent collés. On finit par les mixer en secouant l’appareil et en multipliant les « pulse », mais même ainsi, le résultat n’est pas convaincant. Attention, nous parlons ici d’un test de glace pilée uniquement. Tous les appareils mixent sans difficulté les glaçons ajoutés pour la préparation d’un smoothie.
Sauce pesto
Comme mentionné, les blenders de notre sélection se révèlent efficaces pour mixer les aliments solides, y compris fibreux. Nous avons donc décidé de recommander le Miogo et le Moulinex, tous deux équipés de bols en verre, et qui comptent parmi les modèles les plus abordables. Mais pour confirmer notre choix, nous leur avons fait passer un ultime test, en leur confiant la réalisation d’une petite quantité de sauce pesto (basilic, pignons de pin, ail, parmesan et 60 ml d’huile d’olive). Nous voulions vérifier qu’en ajoutant un peu d’huile en filet par la goulette située au centre du couvercle du blender, un mélange homogène pourrait s’opérer, sans que des ingrédients non mixés restent collés sur le verre ou sous les lames. Eh bien, le résultat s’est avéré remarquable sur les deux blenders, avec seulement deux morceaux d’ail de 5 mm retrouvés au fond du Moulinex et trois, d’à peine 3 mm, dans le Miogo. Une bonne surprise, car nous avons volontairement limité la quantité de liquide.
Niveau sonore
Après avoir placé le micro à 50 cm du blender, nous l’avons mis en marche à la vitesse maximale, à vide, et mesuré le niveau sonore. Il est terrifiant. Le moins insupportable est le Miogo, avec 83 dB, le pire est le Philips Series 3 000, qui culmine à 88 dB d’un son suraigu. La moyenne se situe aux alentours de 85 dB, un niveau présentant un risque auditif en cas d’exposition prolongée. Si vous comptez vous en servir plus de 10 minutes par jour, prévoyez des bouchons d’oreilles. Sérieusement.
Notre blender favori : Miogo MTB2
Miogo, la marque premium de Boulanger, réunit des appareils moyen de gamme à la finition soignée, caractérisés par leur bon rapport qualité prix. Le blender MTB2 répond en tout point à ce cahier des charges. Esthétiquement déjà, c’est une réussite. Le jury a quasi unanimement apprécié le design sobre et son volume, contenu. Ils ont en revanche moins aimé la sérigraphie des boutons des modes automatiques, écrits trop petit, en gris clair sur gris foncé, et placés bien trop bas pour être lisibles. Le couvercle a été jugé pratique, bien hermétique et facile à manipuler. Curieusement, deux membres du jury ont indiqué que le bol de verre paraissait moins lourd que celui des Bosch et Magimix, alors qu’ils pèsent tous quasiment le même poids. Peut-être parce que la large poignée du Miogo le rend moins laborieux à manipuler ? A l’usage, les testeurs ont apprécié la fonction smoothie, d’autant que la réalisation de la recette s’est avérée facile et rapide. Ils ont jugé la préparation bien onctueuse, et apprécié surtout une quasi-absence de pépins de fruits rouges.
Cette efficacité se confirme avec le mixage d’ingrédients fibreux. Toujours en mode automatique, le résultat est très satisfaisant, même si de rares copeaux d’épinards de quelques millimètres de côté apparaissent lors du passage au tamis. Nous les aurions sans doute éliminés en ajoutant quelques secondes de mixage. Quant à la sauce pesto, réalisée en moins d’une minute, elle s’est révélée parfaitement homogène et aussi onctueuse que souhaité, malgré la petite quantité d’huile d’olive ajoutée, 60 ml seulement. Pour finir, l’appareil se révèle vraiment simple à nettoyer. Le bloc lames se dévisse facilement, et comme le bol, il passe au lave-vaisselle. Mais à quoi bon, alors qu’il est si rapide de le nettoyer au robinet ?
Un défaut pardonnable
Le blender montre ses limites pour la glace pilée. Malgré un mode dédié, 3 des 8 glaçons employés pour le test sont peu voire à peine concassés, et un nouveau mixage ne règle pas le problème. Si ce point vous semble très important, alors mieux vaut vous tourner vers le Ninja Detect Power Mixer Pro ou le KitchenAid Pure Power Blender, les deux seuls appareils ayant complètement réussi notre test. Vous trouverez leur description en fin d’article, parmi les autres modèles testés
Le meilleur rapport qualité/prix
Moulinex Blendforce 2
Il a une bonne bouille ce blender, qui rappelle un peu les distributeurs de bonbons d’antan. Un look apprécié du jury, qui a également salué sa faible « emprise au sol ». Sa légèreté aussi, malgré son bol en verre. Moulinex a doté l’appareil de solides ventouses qui le rivent sur le plan de travail et évitent qu’il se déplace durant le mixage. Les participants ont souligné sa simplicité d’utilisation, et notamment la facilité à séparer le bloc lames du bol, d’un simple quart de tour. Cela dit, deux d’entre eux ont trouvé que le couvercle était vraiment bas de gamme et d’apparence fragile. Nous le confirmons, ce n’est pas le plus costaud parmi les modèles testés. On se console en allant faire un tour sur la boutique en ligne de Moulinex. Non seulement le fabricant annonce une réparabilité durant 15 ans à compter de la date d’achat, mais il vend aussi, à petit prix, la plupart des pièces détachées. Ainsi, ledit couvercle ne coûte que 3,99 euros, et il faut débourser 2,99 euros pour le joint ou l’écrou de fixation, ou encore 25 euros pour le bol de verre et son bloc lames.
D’un point de vue fonctionnel, difficile de faire plus minimaliste. L’appareil dispose d’une unique molette qui autorise deux vitesses de mixage ainsi que le mode pulse. Mais c’est justement ce qui séduit le jury. « Après tout, on ne lui demande que de mixer », a souligné l’un d’entre eux. Néanmoins, ils ont été un peu déçus en évaluant la texture du smoothie après 45 secondes de mixage. Comparé à celle des Bosch, KitchenAid ou Philips Series 5 000, ils l’ont trouvée un poil granuleuse. « Il aurait fallu mixer 15 secondes de plus », d’après un participant. C’est ce que nous avons fait pour le test suivant du smoothie riche en fibres. Cette fois, le résultat s’est avéré aussi bon que celui obtenu avec les blenders les plus haut de gamme de notre sélection. Une texture onctueuse et quasiment aucun résidu dans le tamis. Mais oui, en l’absence de mode automatique, il faut compter les secondes ou lancer un compte à rebours sur son téléphone.
Comme nous envisagions de recommander ce modèle, après avoir terminé l’ensemble des tests et recueilli l’avis du jury, nous l’avons soumis à a un test supplémentaire, la réalisation d’une sauce pesto avec seulement 60 ml d’huile d’olive versée en filet durant le mixage. Résultat, une sauce parfaitement émulsionnée, avec juste ce qu’il faut de granularité, comme si elle avait été montée au pilon dans un mortier. C’est ainsi que nous l’aimons, mais quelques secondes de mixage supplémentaires auraient suffi à la rendre plus onctueuse. Seul bémol, qu’il faut signaler car il peut être un frein pour certains utilisateurs, la glace pilée n’est pas le point fort de ce blender. Sur les 8 glaçons jetés dans le bol pour ce test, la moitié n’ont pas été correctement mixés. Pour terminer le travail, il faut utiliser la fonction pulse une quarantaine de fois. Cela fonctionne, mais c’est trop long. Là encore, si ce point vous semble primordial, mieux vaut opter pour le Ninja Detect Power Mixer Pro ou le KitchenAid Pure Power Blender, les deux seuls appareils ayant complètement réussi notre test. En sachant toutefois qu’ils sont beaucoup plus onéreux. Vous trouverez leur description en fin d’article, parmi les autres modèles testés.
Les autres modèles testés
Remarque préalable : Tous les blenders que nous avons testés se sont révélés efficaces pour réaliser d’onctueux smoothies, soupes ou sauces. Certains sont plus rapides que d’autres, plus simples à prendre en main, à utiliser ou nettoyer, mais aucun ne mérite de carton rouge. Mais une fois de plus, il s’agit d’appareils très simples, la seule complexité provient des fonctions supplémentaires qui leur sont ajoutées (modes auto, détection des aliments…), qui ne sont en aucun cas indispensables. En conséquence, nous avons choisi de recommander deux appareils bon marché, mais si l’un de ceux que nous présentons ici vous convient davantage, nous ne voyons guère d’objections à vous opposer.
Cet appareil d’apparence robuste et aux finitions impeccables (le moteur est garanti 10 ans), dispose de fonctions automatiques pour la réalisation de smoothies et de glace pilée ainsi qu’un mode nettoyage. Ce dernier n’est pas très convaincant, un lavage à la main fait mieux, pour à peine plus de temps. Seul bémol, le verrouillage et déverrouillage du bol sur le moteur sont difficiles, voire pénibles ; l’un des membres du jury a cru qu’il n’arriverait jamais à le détacher. A noter, l’appareil est fourni avec une gourde « To Go » qui peut être fixée sur le blender pour y mixer directement les ingrédients, avant d’être rebouchée avec un bouchon verseur. Pratique.
Ce blender dispose du plus grand bol parmi tous les modèles testés, avec une capacité utile de 2 litres. Pour le rendre manipulable et pas trop lourd une fois rempli, KitchenAid a opté pour un bol en plastique plutôt qu’en verre. Si vous ne voyez pas d’inconvénient à utiliser ce matériau, alors pourquoi pas ? Non seulement l’appareil est élégant (disponible en noir, rouge ou gris mat), mais il est aussi bien construit et agréable à prendre en main. Le point que nous avons le plus apprécié ? Le bol ne se clipse pas mais se pose simplement sur le bloc-moteur. La manipulation ne peut être plus aisée. Précisons pour finir qu’il s’agit d’un des modèles qui a obtenu le meilleur résultat pour le test de la glace pilée. Reste le prix, somme toute assez élevé pour un appareil tout en plastique, fabriqué en Chine de surcroît. Mais c’est vrai qu’il est joli, dans sa livrée rouge empire.
La capacité de son bol, 1,2 litre utile, est l’une des plus faibles parmi les modèles testés et pourtant, il s’agit de l’appareil le plus lourd. Près de 4,6 kg sur la balance, mieux vaut ne pas devoir le déplacer trop souvent. Il s’agit néanmoins du blender le plus complet de notre sélection, d’un des plus durables aussi grâce à la garantie de 30 ans du moteur. Il dispose d’une large molette, peu agréable à manipuler d’après deux des membres du jury, qui permet de sélectionner plusieurs modes automatiques : smoothie, glace pilée, soupe, dessert et nettoyage. Comme le KitchenAid, le bol se pose simplement sur le moteur ce qui le rend facile à manipuler même si son poids a été jugé trop important par l’ensemble du jury. Déjà assez mal perçu à l’issue de la prise en main, malgré son efficacité avérée et confirmée lors de tests ultérieurs, le jury l’a lapidé après avoir découvert son prix : 200 euros. Cela aurait peut-être pu passer si l’appareil avait été fabriqué en France, mais pour un produit Made in China, c’est beaucoup trop.
La fiche produit l’affirme : « Grâce à sa technologie BlendSense, il détecte automatiquement les ingrédients et ajuste les réglages pour des résultats parfaits » ! Un argument qui a plus amusé que séduit les membres du jury, qui ont surtout trouvé l’appareil trop gros et trop lourd. Soulignons qu’ils n’ont pas critiqué le Miogo sur ce point, alors qu’il pèse quasiment le même poids. Peut-être parce que ce dernier est nettement plus sobre et discret sur le plan de travail. Quoi qu’il en soit, une fois apprivoisé, le Ninja se révèle agréable à l’usage et très efficace. Il est le seul blender à avoir réussi complètement le test de glace pilée. Peut-être grâce à son bloc lame particulier qui consiste en une colonne où se superposent 3 paires de lames ? Dans ce cas, c’est bien leur seul intérêt car elles gênent l’ajout des ingrédients lors de la préparation de smoothies, et il faut prendre mille précautions pour les nettoyer afin d’éviter tout accident. Par ailleurs, le mode BlendSense rallonge le temps de préparation, car l’appareil « analyse » les ingrédients durant une vingtaine de secondes avant de lancer le programme adéquat. Conséquence : il met deux fois plus de temps que le Moulinex pour réaliser un smoothie, pour un résultat équivalent à la dégustation.
Ce modèle est conçu par le chinois Versuni, qui détient les droits d’exploitation de la marque Philips pour l’électroménager. Il s’agit, et de loin, du blender le plus léger du lot, puisqu’il ne pèse que 1,4 kg grâce à son bol en plastique. Il ne tient sur le plan de travail que grâce à deux ventouses (pourquoi pas 4 ?), ce qui ne l’empêche pas de vibrer fort à l’usage, sans danger cela dit. En revanche, il faut le tenir fermement pour déverrouiller le bol, ce qui a agacé deux des membres du jury. Plus généralement, les participants ont salué le prix très sage, d’autant qu’il est fourni avec une gourde munie de lames permettant de réaliser un smoothie et de le transporter dans le même contenant une fois muni de son bouchon. Mais malgré cet accessoire, l’appareil a moins convaincu que le Moulinex vendu 20 euros plus cher au moment des tests. Précisons pour finir qu’il s’agit, avec le Russell Hobbs, du modèle ayant nécessité de recommencer le mixage du smoothie pomme-épinards-gingembre, de nombreuses fibres étant encore visibles après 60 secondes.
Bien plus qualitatif que le Series 3 000, ce modèle à bol de verre a séduit le jury, qui a souligné son aspect robuste, sa relative discrétion visuelle et la facilité de prise en main. Pas de mode automatique ici, contrairement au Miogo auquel il ressemble un peu, mais il dispose d’une molette à trois vitesses avec mode pulse, jugée très agréable à l’usage. Il s’agit d’un des appareils les plus efficaces pour piler la glace : 2 morceaux de moins de deux centimètres ont échappé au broyage. Si ce point est important à vos yeux, alors cet appareil constitue, d’après les tests, la meilleure alternative au Miogo, même si son prix est plus élevé. Il est fourni avec une gourde, mais sans bloc lames spécial pour l’adapter sur le moteur.
Russell Hobbs Jug blender 2 en 1
Comme son nom l’indique ce modèle est fourni avec une gourde de plastique avec bloc lame amovible, qui permet de la fixer sur le blender pour préparer un jus, une soupe ou un smoothie à transporter. Pratique, d’autant que le prix reste contenu. L’appareil se compose d’un bloc-moteur serti d’une fine feuille de métal… que nous avons rayée juste en la nettoyant ( !), et d’un bol en verre. Celui-ci se pose simplement sur la base, comme sur les KitchenAid ou Magimix ; il faut reconnaître que cela facilite la manipulation d’une seule main. Le fonctionnement est basique : deux vitesses et le mode pulse. A l’usage, les résultats sont mitigés. Le blender s’en sort plutôt bien sur la glace pilée, ne laissant que deux glaçons bien entamés. En revanche, il a fallu recommencer le test du mixage de fruits et légumes car après une minute, il restait encore pas mal de petits copeaux d’épinards et de longs filaments de gingembre. A l’issue du deuxième passage, tout est rentré dans l’ordre. Tant mieux, mais d’autres blenders, dont ceux que nous recommandons, font aussi bien du premier coup.
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