« Je connais par cœur les répliques du film de Stephen Frears ! » Dans l’imaginaire chevaleresque d’Elie Top, Les Liaisons dangereuses, roman épistolaire à la correspondance érotico-toxique de Pierre Choderlos de Laclos paru en 1782 et adapté à l’écran en 1988 par le réalisateur anglais, a fait figure de « grande obsession adolescente ». Voilà que le joaillier indépendant convoque l’œuvre pour baptiser sa nouvelle collection. Ce cru, qui accompagne les 10 ans de la marque à son nom, est mis à l’honneur, trois jours durant, dans un décor de miroirs et de béton des locaux parisiens de Christie’s.
Jeux de symétries façon jardin à la française, broches ou boucles en cristal de roche en écho aux lustres à pampilles, ferronneries sophistiquées mixant or jaune et argent patiné… « C’est ma facette XVIIIe, peu explorée jusqu’alors, qui remonte à la surface », se délecte Elie Top. Pour l’occasion, la maison de vente lui a aussi confié une seconde salle dans laquelle il expose des bijoux réalisés au cours de la dernière décennie et prêtés par des clients européens ou américains. « J’ai voulu éviter le côté rétrospective pour privilégier des pièces réalisées à la commande, souvent à partir d’éléments existants. »
Dans « Métamorphoses », une broche Boucheron s’intègre ainsi dans un pendentif ailé, un grigri victorien est recyclé dans un collier tandis qu’une manchette en calcédoine signée Suzanne Belperron est recouverte d’un nouveau manteau, une résille d’or, d’argent et de diamants. Autant de « collaborations post mortem », comme dit le joaillier, d’ordinaire seulement accessibles à quelques clients privilégiés et ici visibles sur entrée libre.
« Liaisons dangereuses » et « Métamorphoses », d’Elie Top, chez Christie’s, 9, avenue Matignon, Paris 8e, du 27 au 29 janvier.
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