Il ondule, il hésite, il bifurque. Le noisetier tortueux refuse la ligne droite. Ses branches torsadées et en zigzag s’élancent dans tous les sens. « On dirait une chevelure bouclée décoiffée par le vent », fait remarquer Stéphane Pennetier, ingénieur et auteur des Bouquets toute l’année (éd. E/P/A, 2018). Un trait génétique propre à cette variété, corylus contorta, qui aurait été repérée pour la première fois dans une haie d’Angleterre au milieu du XIXe siècle, et l’une de ses signatures.
Une autre étant qu’il produit assez peu de noisettes pour un arbre censé nourrir son monde. Mais le noisetier tortueux n’a jamais vraiment cherché à remplir des paniers. Il préfère faire le spectacle. Outre-Manche, l’arbre a hérité du surnom de « Harry Lauder’s walking stick », en hommage à l’artiste écossais de music-hall qui s’appuyait sur ses tiges spiralées pour monter sur scène.
Au jardin, en hiver, ses branches nues sans feuilles ni fruits se contorsionnent et dessinent dans l’air des lignes imprévisibles. « Celles du saule tortueux aussi, mais elles sont plus régulières, répétitives », précise Stéphane Pennetier, qui les trouve « moins poétiques ».
Des chatons commes des pampilles
En bouquet, le spectacle continue. Cinq ou six branches hautes de 60 centimètres suffisent. Seules, de préférence, « car mélangées avec des tiges rectilignes, elles seraient moins visibles ». Stéphane Pennetier conseille de les placer dans un vase transparent, pour en « apprécier la base », et devant un mur, pour mettre en valeur leur graphisme. Pendant les fêtes, enrobées de quelques fines guirlandes lumineuses qui viennent « créer des zones d’ombre et mettre de la lumière dans le bouquet », elles peuvent remplacer un sapin.
Un peu plus tard dans la saison, corylus contorta change de registre. Les chatons apparaissent d’abord, longs et souples, suspendus « comme des pampilles », et apportent une verticalité inattendue à ce chaos. Mais la période que Stéphane Pennetier préfère vient juste après. Au moment du débourrage, le printemps n’est pas encore là, les feuilles non plus, mais les bourgeons commencent à gonfler, et « on sent que la vie va reprendre ».
Zone de prédilection
Les sols argilo-sableux exposés au soleil ou à la mi-ombre.
Floraison
Les chatons jaunes apparaissent en février-mars.
Entretien
En vase, plonger dans de l’eau chaude ou tiède et changer l’eau tous les jours, pour accélérer et prolonger la floraison et l’apparition des bourgeons.
Aime
Attirer les abeilles, les pollinisateurs et les oiseaux.
N’aime pas
Sensible à la bactériose du noisetier et, dans certaines régions, au scarabée japonais.
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