Les bonnes combinaisons de la fashion week homme de Paris

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Pour réussir une silhouette, faire de beaux vêtements ne suffit pas. Associer la bonne chemise au pantalon adéquat, nouer un foulard avec ce je-ne-sais-quoi de nonchalant, multiplier les couches sans faute de goût… L’assemblage – le « stylisme », comme disent les gens de la mode – compte beaucoup dans le charme d’un défilé, comme l’ont montré, à la fashion week masculine de Paris qui se déroule jusqu’au 25 janvier, AMI, Auralee et Dries Van Noten.

AMI, la marque que le Français Alexandre Mattiussi fait prospérer depuis quinze ans, n’a pas varié dans sa mission : « proposer le bon basique », comme le répète son fondateur. Cela peut être un long manteau à chevrons, un costume croisé pour le bureau ou pour un mariage, un pull camionneur ou une casquette à message. La façon dont cet attirail est agencé, avec l’aide nouvelle de la styliste Elodie David, produit davantage d’étincelles que lors des saisons précédentes.

Un manteau gris à deux boutons par-dessus une veste pied-de-poule et une maille camel, un hoodie douillet jeté sur une chemise à rayures marines très proprette ou, au contraire, cerné d’une veste léopard duveteuse… Les combinaisons sont complétées par des accessoires mordorés arborés autour du cou (porte-briquet, porte-lunettes), sous l’œil d’une nuée de VIP, parmi lesquels Catherine Deneuve, Diane Kruger et Florent Manaudou.

Deux cols superposés, un pan de chemise qui s’échappe d’un court gilet à zip : ces détails capables de pimenter un vestiaire portable et mixte constituent aussi la recette employée par Auralee. A la tête de ce label fondé en 2015, Ryota Iwai imagine une mode facile et sereine, dans des matières souvent exquises. « Cette saison, j’ai voulu prendre l’hiver du bon côté, raconte le Japonais. Plutôt que l’habituelle pénombre, j’ai pensé au premier courant de vent frais, aux rayons de soleil qui percent à travers les nuages. »

Ceinture en cuir jaune safran

Bleu ciel, vert amande, ivoire, brun : les premiers looks sont construits dans un camaïeu de tons naturels, avant que des teintes tranchantes ne s’invitent dans des assemblages subtils, concoctés avec l’appui de la styliste française Charlotte Collet. Un ensemble ivoire est égayé par une ceinture en cuir jaune safran ; une maille ultraviolette surprend sous une robe droite en laine sombre ; une parka bleu Tiffany recouvre une chemise bleu Klein. Une proposition lumineuse très convaincante.

Enfin, chez Dries Van Noten, Julian Klausner réussit sans trembler le passage de la deuxième collection masculine. « J’avais en tête un personnage d’adolescent qui devient adulte, quitte le foyer pour partir étudier, en emportant avec lui des vêtements adorés », expose le designer trentenaire. Le visage parfois cerclé de lunettes studieuses, ce garçon s’avère tout à tour bohème (bonnets péruviens et gilets en maille), louche (trench verni), dandy (cravates piquées d’une plume, chemises surmontées d’une capelette ou dotées d’un col rebiqué à la Oscar Wilde), impérial (manteau en jacquard).

En plus de 60 passages, le Belge subjugue son auditoire par une profusion de matières, d’imprimés, de mailles, et par une cohorte de superpositions, donnant lieu à un résultat chamarré, flottant, par moments orientalisant. Le très demandé styliste britannique Robbie Spencer a participé à l’agglomération des vêtements et à la recherche de l’harmonie des couleurs, force de Dries Van Noten depuis quarante ans. Fleurs façon herbier ou Warhol, rayures en veux-tu en voilà, imitation peau de serpent, motifs Art déco, Paisley ou psyché, tout est ici mixé sans jurer, comme par enchantement.

Source du contenu: www.lemonde.fr

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