Il y a trois ans, Alejandra Rumeu a bousculé sa vie. Depuis une décennie, après un diplôme obtenu à Ramon Llull, éminente université privée de Barcelone, elle œuvrait au développement de Massimo Dutti, l’une des marques de prêt-à-porter appartenant au géant espagnol Inditex (dont Zara est le navire amiral). « Une très bonne école, assure cette fille d’une mère médecin et d’un père travaillant dans le BTP. Mais, tout à coup, j’ai eu 30 ans, j’avais trois enfants… Je voulais avoir davantage de temps et mettre mon savoir-faire au service d’un projet plus personnel. »
Le déclic lui vient d’un diamant de 0,5 carat que lui offre son époux. Plutôt que de le porter en solitaire, trop convenu, elle veut le faire monter en collier et improvise un croquis. Sa mère lui recommande alors l’artisan joaillier Victor Fillat. En plus de réaliser sa commande, il sympathise avec elle : Leandra Studio, la marque dessinée par Alejandra Rumeu, fera dès lors façonner ses pièces par l’atelier de Victor Fillat, chacun détenant la moitié du capital, dans une sorte d’alliance entre designer et fabricant.
A rebours de la mode produite en série, la Barcelonaise ne privilégie que des bijoux en toute petite édition, faits à la main, piochant dans un vocabulaire d’inspiration vintage. « Je traque l’élégance d’un temps passé », ambitionne-t-elle. Pour cela, elle mêle à l’or jaune 18 carats le rhodium noir, afin d’imiter l’argent noirci, ou fait travailler le métal pour lui donner du relief : autant d’éléments qui évoquent la joaillerie du XIXe siècle.
De plus en plus passionnée par les bijoux anciens, elle propose désormais sur son site une petite et excellente sélection de pièces datées du XVIIIe au XXe siècle dénichées dans des foires ou chez des antiquaires. Boucles victoriennes, dormeuses en argent et diamants, collier empierré de citrines, bracelets souples en or granulé… Une façon délicate de faire un trait d’union entre hier et aujourd’hui.
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