Le verre à martini, cône iconique

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Les cosmopolitans sirotés par les héroïnes de la série Sex and the City, les dry martinis « shaken, not stirred » (« secoués, pas remués », en anglais) commandés par l’agent 007, c’est lui. Le verre à martini. Identifiable au premier coup d’œil avec son allure haut perchée, sa forme le plus souvent en V plongeant et toujours rempli à ras bord, il trahit l’amateur de mélanges sophistiqués.

Le verre à martini est le plus « iconique, mais pas le plus pratique », explique Margot Lecarpentier, mixologue et fondatrice du bar Combat, à Paris. Trop instable et prêt à déborder à la moindre vague. D’ailleurs, « beaucoup le détestent. Mais, depuis deux ans, avec la mode des années 1990, leurs espressos martinis, pornstars, blue lagoons et autres sex on the beach et cocktails kitsch avec ou sans alcool, le V shape fait un retour en force », assure celle qui lui prédit même une utilisation en verrine pour mousse d’avocat-crevettes.

Au risque de voir ses confrères avaler de travers, elle-même pourrait enfreindre les codes de la mixologie en s’autorisant à boire un negroni dans un verre à martini, « alors qu’il n’est pas destiné à recevoir de glaçons ». Dans ce cas, elle prendrait le soin de verser d’abord le mélange rafraîchi dans une carafe avant de remplir sa coupe. En revanche, la mixologue est intransigeante sur la qualité du verre. « Plus il est fin, moins le cocktail met de temps à se refroidir et il garde sa fraîcheur plus longtemps, explique Margot Lecarpentier. Car la moitié du plaisir, c’est d’avoir un cocktail frais qui tranche la langue. »

Ceux dessinés par Ekhi Busquet avec le designer Matthieu Vergote ne sont « ni trop épais ni trop incisés, avec une arête ronde, bien galbés et un peu lestés vers le bas pour l’équilibre », explique la directrice artistique. Leurs 18 centimètres de haut sur 10 centimètres de large répondent aux proportions d’usage et leur transparence laisse parler les liquides.

Mais ces verres à cocktail Les Seins-Germain ajoutent aussi leur petite dose de soufre. De profil, ils intriguent avec leur bille de couleur sur le haut du pied et à la pointe du réceptacle, et, levés pour être portés aux lèvres, ils laissent alors apparaître le bout d’un sein. Ekhi Busquet les a conçus avec un message politique. « Le geste devient subversif, surprenant, militant et l’image suffisamment subtile pour déjouer les algorithmes bêtes et puritains qui stigmatisent les corps féminins. »

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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