Le velours a encore la cote

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A Paris, le Palais Galliera conserve soigneusement dans ses archives une grande partie de la garde-robe de la comtesse Greffulhe. Cette dame du monde, née Elisabeth de Riquet de Caraman-Chimay en 1860, marqua son époque par son allure d’un raffinement extrême.

« Elégance faite femme, exubérante dans ses toilettes, la comtesse Greffulhe met en scène ses apparitions, sait se faire rare, fugitive et incomparablement fascinante dans ses envolées de tulle, de gaze, de mousseline et de plumes, ses vestes kimono, ses manteaux de velours, ses motifs orientaux, ses tonalités d’or, d’argent, de rose et de vert… », racontait en 2015 le Musée de la mode de la Ville de Paris, en préambule de l’exposition consacrée à la comtesse.

Parmi ses tenues, la « robe aux lys », signée Charles Frederick Worth, père fondateur de la haute couture : un modèle du soir en velours de soie noir et satin de soie blanc, immortalisée en 1896 par le photographe Paul Nadar.

« Couvert de poils »

Depuis sa découverte en Orient et son importation par les Européens au Moyen Age, le velours a toujours été réservé aux classes les plus hautes de la société. Sa préciosité en fait une étoffe noble, pour la mode comme pour l’ameublement. L’étymologie associe l’origine du terme à villosus, « couvert de poils », en latin. Bien avant la comtesse Greffulhe, Lucrèce Borgia, Louis XIV ou Napoléon Ier et Joséphine de Beauharnais se sont drapés dans des mètres de velours.

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« Le velours a toujours été extrêmement estimé, non seulement à cause de ses qualités brillantes, mais aussi à cause de l’agrément de son contact », relevait l’historien de l’art français Henry Havard dans son Dictionnaire de l’ameublement et de la décoration paru en 1887. C’est d’ailleurs parce qu’il est des plus chatoyants que le velours devient au fil des siècles indissociable des fêtes endiablées. Les garçonnes des Années folles et, bien plus tard, les aficionados du disco s’emparent de cette étoffe luxueuse pour briller de mille feux jusqu’au bout de la nuit.

De briller, il est aussi question, un soir de 1996, sur le tapis rouge de la cérémonie des MTV Video Music Awards. L’actrice Gwyneth Paltrow porte ce qui deviendra un des looks cultes de la pop culture : un costume en velours rouge Gucci par Tom Ford.

Au cours de ses quatorze ans comme directeur artistique de la maison italienne, le créateur texan proposera bien des itérations de son deux-pièces en velours – orange sanguine, noir profond, jaune citron, vert chartreuse. Sa version rouge cramoisi, elle, aura droit à un coup de jeune sous l’impulsion de l’Italien Alessandro Michele, qui fut de 2015 à 2022 le directeur artistique de Gucci. Et qui, en matière de mode flamboyante, en connaît un rayon.

 Blazer Vavy et pantalon Prevy, en velours de coton, Zadig & Voltaire, 575 € et 345 € ; mules Soeur.
Top en velours de polyester et élasthanne, Claudie Pierlot 165 € ; pantalon The Frankie Shop.
 Veste Cassiopée et pantalon Celestin, en velours de coton, Soeur, 375 € et 275 € ; chemise Uniqlo.
Robe en panne de velours de soie mélangée, Burc Akyol, 2 100 €.
Veste en velours de soie et détails en satin et pantalon en velours de soie, Giorgio Armani, 6 500 € et 1 900 €.
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Source du contenu: www.lemonde.fr

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