Il a toujours un petit air de vagabond, un peu en bataille, un peu éthéré, une année ici, une année là. Parfois au pied d’un arbre, ailleurs au creux d’un muret. « Le myosotis des Alpes est une espèce spontanée en France », explique Pierre Byache-Kersemaecker, à la tête de By Seed, distributeur de semences pour professionnels. On ne sait jamais si celui qu’on voit est cultivé, s’il a été travaillé ou s’il s’est échappé d’un jardin. Mais, s’il se plaît dans un lieu, Myosotis sylvatica peut se ressemer seul et « revenir au même endroit l’année d’après ». Le cousin de la consoude et de la bourrache est un bon compagnon pour les très casanières fleurs à bulbes. « Surtout des tulipes, avec leurs feuilles au physique un peu ingrat », lâche le directeur de By Seed, qui suggère de camoufler leurs tiges un peu dégarnies en les noyant « dans une mer de myosotis ».
En blanc, il apportera un effet vaporeux, du « liant entre les pensées et les violas », continue Pierre Byache-Kersemaecker, comme un nuage, à une saison où « il n’y a pas tellement d’offres en fleurs blanches. Il est pourtant sous-utilisé dans cette teinte ». Car c’est son bleu qui a fait sa réputation. Clair, azur, indigo, celui que la pépinière Promesse de fleurs qualifie de « la plus bleue des fleurs bleues » s’harmonise avec tous les roses, ne risque pourtant jamais l’effet layette et « va aussi très bien avec des jaunes, des orangés et des rouges, s’ils ne sont pas trop écarlates », poursuit le grainetier du Nord.
Mais la fleur préférée de la princesse Diana n’est pourtant pas si facile à trouver coupée. Celui que les Britanniques appellent forget-me-not, dit « Vergissmeinnicht » en allemand et « ne m’oublie pas » en français, « n’est pas très facile à travailler en bouquet, concède-t-il. Comme le muguet. » A Paris, Yuko Santiago, fleuriste chez La Plume, dans le 20e arrondissement, ose. Avec des pois de senteur, des roses sauvages, des toutes petites pivoines, des beautés de petits gabarits, des silhouettes aussi délicates. Lorsqu’elle ne les mélange à aucunes autres, elle les lie entre eux à la manière d’une poignée de violettes à plonger dans un vase transparent. Et c’est alors un peu un morceau de ciel qui descend sur terre.
Nom savant « Myosotis sylvatica ».
Zone de prédilection Les zones ombragées, près des arbres et des haies.
Floraison D’avril à juin.
Entretien Pailler et arroser fréquemment par temps chaud.
Aime Les sols humides et la compagnie des giroflées et des tulipes.
N’aime pas Les éclaboussures d’eau sur les feuilles qui peuvent le rendre sensible à l’oïdium.
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