Le delphinium, grand dadais un peu fleur bleue

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Les cours d’Angleterre lui doivent leur style, leur charme et une allure d’aristo déclassé copiée dans le monde entier. Rien de moins. Le delphinium est aux bordures à l’anglaise ce que le pitre est aux photos de classe. L’indis­pensable tête qui dépasse du rang. L’élément perturbateur toujours placé derrière avec sa belle hauteur (jusqu’à 2 mètres !), le point de fuite qui soude le groupe. De bonne composition, le cousin lointain de la renoncule, dit aussi « pied d’alouette », s’adapte à son public et s’avère facile à vivre.

Son épi de travers au moindre courant d’air évolue aussi bien le long des cottages anglais que sur le buffet d’un intérieur ­victorien ou le manteau de cheminée d’un château, ajoute Paolo Benedetto, fleuriste chez Tyché Flora, à Paris. Il s’accommode du caractère champêtre du limonium, de la carotte sauvage, et même du chardon, comme de celui des espèces plus exotiques roses flashy ou carrément d’un anthurium, qui n’a rien à voir avec lui.

Tout sauf l’entre-soi. « Il faut le mélanger, toujours le mélanger », insiste l’artisan parisien qui loue pourtant le caractère « profond, ténébreux » de ses bleus. Car le delphinium présente bien quelques variétés de rouges ou de roses, mais ce sont les ciel, azur, mauve ou violacé qui font leur succès. « Ces tons ne sont pas si fréquents dans les fleurs coupées », continue Paolo Benedetto. Dans la nature non plus.

La couleur préférée des pollinisateurs

Seulement 7 % des espèces dans toute la flore à pétales se déclineraient en bleu, d’après Adrian Dyer, professeur au Royal Melbourne Institute of Techno­logy (Australie). Des espèces particulièrement appréciées des pollinisateurs. « Les fleurs bleues communes de l’ordre Delphinium sont préférées par les abeilles (…), [le bleu] semble leur permettre de mieux voir la fleur et donc de récolter plus de nectar par unité de temps », écrivait le chercheur en 2021.

La paysagiste anglaise Lynda Harris a toutefois renoncé à les planter. Souvent, elle les remplace par des sauges ou des aconits, plus résistants et aussi efficaces, pour donner un accent vertical à un jardin. « Le delphinium était très à la mode dans les années 1950, 1960 et 1970, raconte-t-elle. Il donne de la hauteur aux mixed borders à l’ancienne. Mais il demande beaucoup d’entretien. » Et de surveillance, sinon les limaces finissent souvent par le manger.

Zone de prédilection Les sols très bien drainés et ensoleillés le matin.

Floraison De juin à octobre.

Entretien Couper les feuilles fanées pour encourager une seconde floraison à l’automne et tailler à ras après la saison.

Aime Le compost et l’engrais.

N’aime pas Le vent s’il n’est pas tuteuré, la rouille et les limaces.

tycheflora.com

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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