Selon le Guinness des records, la plus grande collection de boucles d’oreilles serait détenue, depuis octobre 2006, par une Américaine du nom de Carol McFadden. Si le livre ne donne pas plus de précisions sur l’Etat où réside cette collectionneuse, ni sur le contenu de son trésor, il nous apprend tout de même que ce dernier contient 37 706 paires de boucles.
Sans doute peut-on y trouver quelques ear cuffs, ce bijou d’oreille qui n’est pas tout à fait une boucle, puisqu’il a la particularité de pouvoir se porter sans que l’organe ait besoin d’être percé. Défiant la gravité, ce dernier s’accroche sur le pavillon, vers le lobe ou, pour les plus audacieuses, au niveau de l’hélix (la partie supérieure de l’oreille). Ce qui nécessite parfois un peu d’entraînement et une certaine dextérité.
Historiquement, cette « manchette d’oreille », comme on pourrait la traduire en français, n’a pas eu qu’une fonction décorative. De nombreuses fouilles archéologiques ont ainsi révélé la présence de bijoux enroulés autour du cartilage de nobles égyptiens et sumériens. La boucle faisant ici office d’accessoire de distinction sociale ou symbole de bravoure au combat.
C’est bien pour indiquer leur statut que certaines nobles de la Renaissance adoptent elles aussi ce bijou d’oreille. Diamants, saphirs et rubis sont alors mis à l’honneur. Sujet central du tableau Vénus et Cupidon, réalisé en 1592 par la peintre italienne Lavinia Fontana, une aristocrate bolonaise prend la pose (dé) vêtue d’une légère tunique transparente et accessoirisée de dizaines de perles, plusieurs d’entre elles se déversant de l’hélix.
Fleur, étoile ou simples volutes
Au fil des siècles, le bijou d’oreille perd sa vocation de messager pour devenir un véritable accessoire de mode. Outre-Atlantique, le roi du bijou fantaisie Marcel Boucher connaît un grand succès, dans les années 1950, avec son Earrite, qui s’enroule tout autour de l’oreille.
Pavées de cristaux, en forme de fleur, d’étoile ou de simples volutes, ces boucles d’un genre nouveau séduisent les stars du cinéma et de la télévision, de Marilyn Monroe à Lucille Ball. La réussite est telle que le Français, installé sur la prestigieuse Ve Avenue, à New York, fera breveter son invention.
Très plébiscité il y a quelques années, notamment par les célébrités qui le font scintiller sur le tapis rouge, le bijou d’oreille connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. Décliné à l’envi par les créateurs (pour le printemps-été 2025, les labels Rokh et Carven en ont proposé des versions très différentes, avec perle baroque pour l’un et cristaux pour l’autre), il abonde également chez les joailliers comme au sein de griffes plus confidentielles. Continuant de distinguer celles qui choisissent de l’adopter.
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