Celle-là, c’est sûr, elle vient d’ailleurs. Laury Railhet, de la pépinière Railhet à Saint-Jory (Haute-Garonne), peut l’assurer, si cette fleur est achetée coupée et non pas en pot, c’est qu’elle a voyagé. Elle le sait bien, elle est l’une des rares en France à parvenir à faire pousser le Banksia speciosa sous serre, et ce protéacée qui prend racine dans l’Hexagone n’est pas destiné à être vendu en bouquet.
Elle reconnaît qu’en terre, la fleur australienne n’est pas facile à acclimater. « Mieux vaut avoir les pouces verts », explique la pépiniériste. Alors qu’en vase elle semble increvable. A Laury Railhet, elle fait penser à un chandelier multibranche « graphique, avec un joli port ». Pas classique, « mais c’est la différence qui est belle ».
Chikako Taura, fleuriste à Paris, lui trouve plutôt un air d’animal étrange mais « intéressant ». Entre la pieuvre et l’araignée. Elle détaille « les feuilles dentelées gris argenté » qui s’étalent en cercle, fait remarquer « sa tête poilue », s’enflamme sur sa « présence forte » qui lui permet d’être seule dans un bouquet sans paraître perdue. « Ce n’est pas une fleurette », continue-t-elle toujours impressionnée par la taille de son épi, qui peut atteindre la longueur d’une feuille A4.
Elle la mélange plutôt avec du feuillage ou du branchage, « par exemple une branche de magnolia, pour lui apporter de la hauteur, sans casser sa force ». Laury Railhet constate qu’elle supporte très bien la présence de sa compatriote Anigozanthos, ou patte de kangourou rouge, ou celle d’une des 170 autres variétés de banksia (selon le Muséum d’histoire naturelle), plus ou moins rouge ou orangé.
Comme tous les épis, Banksia speciosa se mettra à fleurir de bas en haut. « Vert, jaune, vert, jaune, précise la productrice française de banksias, les deux teintes s’échelonnent à mesure que les pétales s’ouvrent. » Puis, beaucoup plus tard, lorsque la fleur et ses feuilles seront devenues sèches, banksia perdra sa robe jaune pour prendre une couleur rousse ou brune toujours imposante. L’ensemble « se transforme alors plutôt en sculpture, en objet », souligne Chikako Taura. Et ce n’est pas la peine d’en rajouter. Un vase le plus simple possible, noir, blanc ou en terre cuite.
Nom savant Banksia speciosa.
Zone de prédilection Les sols secs, acides et glaiseux.
Floraison De mai à janvier, mais belle en boutons aussi.
Entretien Arroser pendant les pics de sécheresse les deux premières années. Tailler modérément.
Aime Les abeilles, les papillons, les oiseaux granivores et nectarivores.
N’aime pas Les températures au-dessous de – 5 °C.
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