La vallée de Chaudefour, au gré du vent et des fleurs sauvages

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« Maintenant, il faudrait se taire », invite notre guide, en posant un pied sur le sentier de crête. La trace caractéristique d’un sabot fendu de chamois exige en effet de la boucler quelques instants si l’on veut saisir sa chance d’apercevoir celui qui l’a laissée. Il a neigé en cette mi-avril sur le puy Jumel, qui longe, au nord, la vallée de Chaudefour, un morceau de nature préservée dans le massif du Sancy (Puy-de-Dôme), ce qui aide à pister l’animal.

Arrivé il y a une dizaine d’années, originaire de la Haute-Loire, le guide de montagne Bernard Goimard a fait de ce paysage sauvage son terrain d’exploration. On le suit en se glissant au milieu des myrtilliers rouge vif, un œil sur nos godillots instables, un œil sur le vide, à droite. Le chamois, planqué dans les bosquets, nous surveille, frémit et disparaît comme une flèche dans les cheminées basaltiques. La vision, fugace, a fait place à une autre, grandiose.

Au loin, devant nous, le puy Ferrand, qui culmine à 1 850 mètres d’altitude, semble un gâteau gonflé poudré de sucre glace. Il domine le cirque qui ferme la vallée de Chaudefour. Sous lui, l’aiguille du Moine, une ancienne formation volcanique rendue acérée par l’érosion, et à gauche, la cascade de la Biche. Le long chapelet d’eau vive dévale une trentaine de mètres depuis le bord de ce qui fut, il y a plusieurs millions d’années, une coulée de lave géante qui s’est arrêtée là, formant des tuyaux d’orgues rocheux.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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