Notre choix de bouteilles pour la fin d’année concerne uniquement des cuvées réalisées avec des raisins noirs de la Champagne : le pinot noir et le meunier. Exit, donc, le chardonnay, troisième cépage phare, qui donne les fameux blancs de blancs, ce qui mérite quelques explications.
D’abord, les deux cépages noirs composent la grande majorité des vignes de la région, soit près de 70 % de la surface totale en 2023 (plus de 38 % pour le pinot noir et légèrement plus de 30 % pour le meunier). Les raisins noirs racontent aussi l’histoire ancienne de la Champagne, pourvoyeuse il y a plusieurs siècles de vins rouges avant que l’effervescence ne soit découverte et systématisée à la fin du XVIIe siècle. Et puis, si les vendanges 2024 ont été très compliquées en raison de conditions climatiques éprouvantes, avec des rendements en chute libre à certains endroits, la qualité des pinots noirs et des meuniers est époustouflante, assurent la plupart des chefs de cave.
Nous mettons, enfin, en lumière les bouteilles dites « blancs de noirs » – réalisées avec les deux cépages noirs et donnant un jus blanc – en raison de leur goût caractéristique : le pinot noir est réputé pour apporter de la puissance, de la structure, quand le meunier développerait le côté onctueux et gourmand du vin. Les fruits, qu’ils soient jaunes, rouges, agrumes, voire exotiques, sont souvent bien présents dans l’aromatique, et les épices ne sont jamais loin.
Pour autant, ces bouteilles blancs de noirs ne constituent qu’une infime partie de la production champenoise. L’essentiel des bouteilles que vous trouvez en magasin, ou qui sont exportées, sont en effet concoctées à partir d’un assemblage des trois principaux cépages : pinot noir, chardonnay et meunier.
Nombre de maisons et marques prestigieuses de champagne ne figurent pas dans cette sélection – elles figuraient dans nos dégustations des années précédentes –, tout simplement parce qu’elles ne produisent pas de blancs de noirs. C’est le cas de Moët et Chandon, de Veuve Clicquot, de Taittinger, de Mumm, de Dom Pérignon, de Roederer, de De Castellane, de Lanson, de Perrier-Jouët… Ces maisons récoltent, bien sûr, des raisins en pinot noir et en meunier, qu’elles assemblent à du chardonnay, pour réaliser essentiellement deux cuvées : le brut sans année, le plus récent, qui domine toute la production de la région ; des rosés, pour lesquels ces cépages noirs sont essentiels.
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