La platine vinyle creuse-t-elle son microsillon ?

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L’évocation de la platine vinyle renvoie à un cérémonial d’un autre temps, celui des années 1960 à 1980. On sortait alors délicatement le 33-tours de sa pochette carrée, puis de sa protection antistatique, avant de souffler sur le disque pour éliminer la poussière. Une fois celui-ci installé sur la platine, on venait poser le bras équipé d’un diamant qui libérait alors un son velouté après quelques crachotements. Pour les 45-tours, il suffisait d’insérer un centreur au milieu de la platine pour entraîner la galette.

Mais l’explosion des lecteurs CD, dans la décennie 1990, a remisé les vinyles et les vieux pick-up. Puis le tsunami du streaming a ringardisé à son tour les disques compacts. A présent, la musique est immatérielle, elle n’a plus besoin de support spécifique. Pourtant, depuis quelques années, les ventes de vinyles repartent à la hausse, et comme Mozart, Orelsan et Kavinsky s’écoutent désormais à l’ancienne. Le disque noir, parfois coloré ou transparent, se chérit, ­surtout quand il est d’époque (et miraculeusement non rayé !) ou édité en série limitée.

L’esthétique de la pochette aussi a son importance, faisant se pâmer les collectionneurs… « On avait l’habitude d’accumuler des masses de MP3 dans son ordinateur. Et les CD s’abîmaient avec le temps alors qu’un vinyle, s’il est bien rangé, ne s’use pas. Le retour des microsillons participe aussi d’un désir de mieux ­consommer et de se réapproprier le temps long de l’écoute d’un morceau », analyse Timothée Cagniard, cofondateur de La Boîte concept, qui commercialise une ­platine avec préamplificateur intégré et enceintes en option. Sur l’objet carré en chêne, le disque dépasse esthétiquement sur le côté pendant qu’il tourne.

« Nous ne faisons pas de sans-fil, car cela convertit le son analogique en ­numérique, ce qui peut dégrader la qualité de l’écoute. Même s’il existe des pistes numériques de très haute qualité », nuance-t-il. Le réputé fabricant britannique Rega propose, lui aussi, des platines fines, minimalistes et élégantes pour le salon. En entrée de gamme, on trouve celles de Pro-Ject, à prix raisonnable, notamment sans fil. Enfin, Sony fait son grand retour en proposant également une platine. La boucle est bouclée (et les disques n’ont pas fini de tourner).

Square, La Boîte Concept, 725 €, laboiteconcept.com. Planar 2, Rega, et T1 BT, Pro-Ject, sans fil, 629 € et 459 €, Artisans du son, artisansduson.fr. PSLX310BT sans fil, Sony, 249 €, sony.fr.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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