La parka revisitée en version allégée

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Dans le vaste vocabulaire de la mode, il est assez commun que plusieurs mots désignent la même pièce. L’anorak, « veste de sport imperméable et chaude, à capuchon fixe ou amovible », selon le Larousse, est aussi connu sous le nom de parka. Faut-il cependant distinguer les deux ? Dans son Encyclopedia of American Indian Costume (W. W. Norton & Company, 1996, non traduit), l’autrice américaine Josephine Paterek tranche une bonne fois pour toutes. « La parka, terme russe, appelée “anorak” dans le centre de l’Arctique et au Groenland, était le principal vêtement des Esquimaux. Elle s’enfilait par la tête, était généralement munie d’une capuche et de “queues”, plus ou moins longues, à l’avant et à l’arrière, afin de pouvoir s’asseoir sur la glace. (…) La parka était généralement en peau de caribou, pour l’hiver, ou de phoque, pour l’été. »

Qu’importe son nom, la parka n’a jamais dévié de sa fonction : garder au sec celui ou celle qui la porte. Sa matière, elle, a évolué au fil du temps, du développement des échanges commerciaux et des révolutions techniques : toile de coton et textiles synthétiques ont ainsi peu à peu remplacé les boyaux des animaux.

Dans le courant du XXsiècle, ce vêtement hivernal devient indissociable des forces armées américaines, qui le déclinent en Nylon rembourré – d’abord de laine, puis de ouate de polyester, ce qui la rend à la fois plus légère et plus chaude. Introduite au cours de la guerre de Corée (1950-1953), sa version fishtail (soit « queue de poisson », en référence à son ourlet arrière fendu) finit, quelques années plus tard, dans les surplus militaires où s’habillent les amateurs de sous-cultures.

Se faire repérer en randonnée

Quadrophenia (1979), opéra rock filmé inspiré de l’album de l’album du groupe The Who, suit Jimmy, un mod Londonien révolté, qui appartient à ce groupe de jeunes hédonistes anglais, apparu dans les sixties, connu pour se déplacer à Vespa et pour faire usage de drogues récréatives. Reconnaissables à leur coupe de cheveux mais aussi à leurs costumes deux pièces, les mods s’emparent aussi de la parka fishtail, dont ils font l’un de leurs signes de ralliement. Et de distinction. « Je ne veux pas ressembler à tout le monde. C’est pourquoi je suis un mod, tu piges ? », lance d’ailleurs le héros dans l’une des scènes du film.

Transformable à l’envi, c’est chez le sportif que la parka finit de s’épanouir, se déclinant dans une abondante variété de tissus bariolés, parfaits pour se faire repérer en randonnée. Elle s’allège aussi, jusqu’à prendre des airs de coupe-vent. C’est d’ailleurs sous sa forme la plus légère – et minimaliste – que la mode la revisite cette saison. Enfilée sur une robe délicate, taillée dans des matières aériennes, la parka dit quelque chose d’une envie de remiser au placard les manteaux d’hiver, pour mieux accueillir la douceur du printemps.

Parka en Nylon enduit, 1 250 €, chemise et short, Collection Moncler. Chaussettes Falke. Boucles d’oreilles Camille Surault.
Parka en tissu technique, Yves Salomon, 1 290 €. Débardeur Forêt vierge. Bermuda Adidas. Colliers Tamara Taichman. Chaussettes Falke. Escarpins Christian Louboutin.
Parka en Nylon, Hugo, 329 €. Veste et short, Loro Piana.
Parka en coton et fibre synthétique imperméable, 3 490 €, gilet et jupe, Akris. Chaussettes Falke. Ceinture bijou Camille Surault.
Parka Olvona en Nylon, 550 €, et gilet sans manches, Tatras. Débardeur et short Loro Piana. Montre Victorinox. Baskets Adidas. Chaussettes Falke.
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Source du contenu: www.lemonde.fr

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