La chaise Mullca 510, bonne élève du design français

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Au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans la France du baby-boom, le ministère de l’éducation nationale décide d’équiper toutes les écoles de la République d’une chaise devenue mythique : la Mullca 510. Un choix pragmatique, motivé par trois bonnes raisons. D’abord, la robustesse de cette assise, assemblée sans vis et défiant ainsi les ravages du temps et des écoliers turbulents. Ensuite, son siège, légèrement creusé, qui invite les mêmes écoliers à adopter une posture droite. Enfin, ses pattes astucieusement cambrées, plus marquées que la courbe du dossier, évitent que celui-ci tape contre les murs de la classe quand les pieds de la chaise touchent la plinthe.

Le premier prototype de la Mullca – contraction issue du patronyme de l’éditeur, Robert Müller, et de celui de son concepteur, Gaston Cavaillon – voit donc le jour en 1947. Il prendra son nom, Mullca 510, ainsi que sa forme quasi définitive à la suite du brevet déposé en 1964 par Gaston Cavaillon, seul à la tête de la SARL Mullca depuis 1948. Décliné en sept tailles différentes, le modèle a ensuite accompagné des générations d’élèves, cumulant en moyenne quelque 12 960 heures d’usage par enfant (selon le calcul effectué en 2024 par l’émission d’Arte « Karambolage »), de la maternelle au lycée.

Outre sa solidité à toute épreuve, cette bonne élève du design français brille aussi par son intelligence pratique. Sa structure en tubes d’acier comprend une barre transversale arrière qui relie, par un solide brasage, les pieds avant, les pieds arrière et le dossier en contreplaqué clair, simplement encastré dans le tube. Mais, à partir des années 1980-1990, ironie du sort, ce qui faisait son succès – sa résistance et son look inoxydable – commence à lasser. L’entreprise Mullca de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) périclite et, en 1996, elle doit revendre son outillage au fabricant LAFA, installé à Aurillac, dans le Cantal.

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Il faudra attendre 2014 pour que le jeune entrepreneur Nicolas Girard, fondateur de Label Edition et passionné par les objets bien faits, beaux et accessibles, réédite la célèbre chaise à l’identique, en partenariat avec l’usine d’Aurillac et le fils de Gaston Cavaillon. Il ressuscite ainsi une icône du design français des années 1950 et la fait voyager, de Taïwan au MoMA, à New York. Faute d’en chiner une dans un vide-grenier, on peut désormais s’offrir une Mullca neuve et garantie sans chewing-gum collé sous l’assise…

Nom : chaise Mullca 510. Matériaux : acier et bois contreplaqué. Prix : 150 €. labeledition.fr

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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