Le fondateur de Parfums de Marly revisite la fleur de violette dans une composition contemporaine.
À quelques rares exceptions, la violette a pratiquement disparu des parfums actuels, pourquoi avoir choisi de la mettre au cœur de Palatine?
Je suis toujours à la recherche de nouvelles «floralités». C’est l’avantage de la parfumerie de niche que de pouvoir se démarquer des fragrances mainstream et d’oser davantage. Alors pourquoi ne pas revisiter la violette comme nous l’avions fait avec la rose ancienne dans notre parfum Delina, devenu depuis l’un de nos best-sellers? Certes, elle évoquera à certains une fleur désuète, les senteurs denses et sucrées de nos grands-mères, mais pour la nouvelle génération qui n’a pas ces références olfactives, elle peut devenir très moderne.
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Comment avez-vous réussi à restituer sa fraîcheur?
La technologie Natureprint développée par DSM-Firmenich permet de capturer n’importe quelle odeur dans l’air. Celle des fleurs et des autres végétaux mais aussi celle d’un stylo, d’une vieille voiture, même d’un bloc de béton! C’est assez fascinant… Ici, la violette est mise sous une cloche en verre, ensuite ses molécules odorantes sont captées à l’aide d’une aiguille afin d’être analysées, puis reconstituées en laboratoire. On arrive à en obtenir la facette la plus pure, fraîche et verte sans avoir à la cueillir.
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Comme toutes vos créations, celle-ci s’inspire du XVIIIe siècle et de son rayonnement esthétique…
Élisabeth-Charlotte de Bavière dite «La Palatine» était la belle-fille de Louis XIV. C’était une femme libre et atypique, dont la personnalité très moderne pour son époque résonne avec la liberté des jeunes femmes d’aujourd’hui. Figure marquante du château de Marly, elle y disposait même d’un appartement. L’étiquette y était beaucoup moins pesante qu’à Versailles, c’était un lieu de détente et de divertissement. Plus largement, le XVIIIe siècle est une période d’aboutissement esthétique dans de nombreux domaines, dont la parfumerie, avec des odeurs qui deviennent progressivement plus raffinées et imprègnent toute la cour, surnommée la «Cour parfumée». Sous Louis XV, même les fontaines étaient parfumées! Cet ancrage historique a permis de singulariser notre marque dès son lancement en 2009.
Palatine, 260 € les 75 ml
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