Coûts de production élevés, cours de l’or hauts comme jamais, clients extrêmement exigeants… S’insérer dans le cénacle de la joaillerie parisienne impose de dépasser les nombreuses barrières à l’entrée de ce marché sélectif. En cinq ans, Iris de La Villardière et Thomas Montier Leboucher ont surmonté chaque difficulté avec leur label, Viltier. « On a tout fait sans investisseur jusqu’ici, sans se brûler les ailes », se réjouit le duo.
Leur force ? Des amis bien nés ; des CV où s’alignent des expériences chez Marie-Hélène de Taillac et Stone Paris pour elle, Cartier et Fernando Jorge pour lui ; et, surtout, des bijoux en or jaune solaire, luxueux mais faciles à adopter. Aux joncs constellés de diamants, bagues striées ou pendentifs ovales en pierres de couleur, ils ont ajouté ces derniers mois des créations plus onéreuses.
Ici, un bracelet en enfilade de cabochons, comme des pastilles multicolores ; là, une bague pyramidale surplombée d’un imposant diamant jaune de 6 carats. « On a des clients français fidèles qui dépensent chez nous des sommes importantes », assurent-ils, à rebours d’un milieu qui se lamente de devoir traverser les frontières pour dénicher des acheteurs grand luxe.
Maintenant que leur univers, graphique et efficace, a trouvé son rythme de croisière, les trentenaires aimeraient trouver une adresse rive droite pour ouvrir une boutique en bonne et due forme. En attendant, ils privilégient un format proche de celui de la galerie, mariant leur production avec leurs admirations artistiques.
Outre un partenariat avec le marchand d’art Kamel Mennour, qui leur prête des œuvres d’art contemporain pour leur showroom de la rue de Verneuil, dans le 7e arrondissement, ils recevaient, durant deux jours, mi-octobre, dans l’ancien appartement de la galeriste Dina Vierny, dans les étages du Musée Maillol.
Dans cet espace aux tons vifs, décoré par Madeleine Castaing et intouché depuis la mort de la propriétaire, en 2009, leurs bijoux scintillaient entre une sélection de Kandinsky, Matisse ou Renoir, avec l’assentiment du musée et des héritiers de Vierny. Une galerie comme un écrin qui joue sur tous les tableaux.
Viltier, 46, rue de Verneuil, Paris 7e.
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