Horlogerie : rééditer, c’est créer

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Si aucun aïeul n’a jugé bon de vous transmettre sa montre aux contours vintage, rassurez-vous, les maisons horlogères ont pensé à tout. Lorsqu’il s’agit de célébrer le bel objet, celui qui a une riche histoire en plus d’un design élégant et des fonctionnalités optimales, l’horlogerie se tourne de plus en plus vers son propre passé pour enrichir ses collections de nouveaux modèles.

Nouveaux ? Pas tout à fait. Il s’agit en réalité de rééditions, comprendre de nouvelles versions de montres le plus souvent inscrites dans le patrimoine historique de la marque. « C’est une manière habile pour les marques de capitaliser sur leur patrimoine, explique Romain Réa, expert horloger. L’effet nostalgie fonctionne très bien auprès de la clientèle»

La nostalgie, émotion universelle. En 1973, Andy Warhol (1928-1987), grand amateur de montres, s’entiche du modèle Black Tie de Piaget sorti un an plus tôt. Avec son boîtier coussin en or jaune de 45 millimètres de diamètre, son écran noir surmonté d’aiguilles dorées, le tout sur un bracelet en cuir grainé noir, cette montre était un petit précis d’élégance.

La revoici à la faveur d’un partenariat noué entre Piaget et la Andy Warhol Foundation for the Visual Arts. Désormais baptisée « Andy Warhol », elle est habillée d’un boîtier en or blanc doté de finitions dites « clous de Paris », ce guillochage en forme de petites pyramides. Son cadran est quant à lui façonné à partir de météorite bleue. La marque Lip s’associe quant à elle cette saison avec la griffe de mode masculine Octobre pour la réédition de son modèle Victory, créé en 1964. Cinquante ans après la fin de sa commercialisation, il revient dans une version proche de l’originale, avec un boîtier carré et doré et un élégant bracelet en cuir noir.

Allure futuriste

Autre montre carré qui effectue son grand retour : l’Anatom de Rado. Lancée en 1983, cette toquante à l’allure futuriste se démarque à l’époque par son verre saphir légèrement bombé. La revoici en édition limitée, avec un boîtier de 32,5 millimètres de diamètre ainsi qu’un bracelet composé de maillons en céramique polie assortis à la lunette. A l’intérieur, le mouvement à quartz d’origine a été remplacé par un calibre mécanique automatique.

Les mouvements à quartz séduisent pourtant encore les amateurs de montres à la riche histoire. C’est le cas de la Stylist, icône de la marque Tissot née en 1965, qui revient cette année avec un mécanisme qui fonctionne toujours à l’aide d’une pile, mais doté d’une technologie qui ne nécessite pas d’ajustements, comme cela pouvait être le cas dans les années 1960. « La mécanique de ces rééditions est conforme à la technologie actuelle, cela permet d’avoir une pièce emblématique teintée d’histoire tout en profitant des nouveaux savoir-faire horlogers », commente Romain Réa.

Avec sa silhouette arrondie, la Stylist nouvelle version est disponible avec un cadran bleu dégradé ou un cadran argenté lumineux. Son bracelet en cuir – bleu ou brun – est facilement détachable pour changer de style au gré de ses envies. Le style est également au cœur du propos chez Hublot qui réédite son modèle Classic Fusion dans une version en or jaune ou en titane. Toujours accompagnée d’un simple bracelet en caoutchouc – ce qui avait fait sensation lors de son lancement en 1980 –, elle se décline cette fois-ci dans un petit diamètre de 29 millimètres, et est également proposée en or rose ou avec sa lunette pavée de diamants.

Les rééditions permettent également aux marques de souligner leur domaine de prédilection. « Ces montres sont souvent liées à l’identité des marques, qu’il s’agisse de montres de sport ou d’autres liées à des événements particuliers », insiste Romain Réa. Omega est en effet associé à l’exploration spatiale depuis le début des années 1960, notamment lorsque l’astronaute Walter « Wally » Schirra portait sa Speedmaster CK2998 personnelle au poignet, lors de la mission Sigma 7 du programme Mercury lancée le 3 octobre 1962. Elle a, de fait, été rebaptisée « First Omega in Space ». Rééditée cette année, elle se décline en trois nouveaux modèles avec bracelet en cuir noir ou brun, ou un bracelet en métal à maillons plats, et a délaissé son cadran bleu original pour un cadran noir élégant.

Si Omega s’envole dans l’espace, Bell & Ross consacre son expertise aux montres d’aviateur, depuis ses débuts en 1994. En 2006 sort la BR-03, véritable objet professionnel qui répond au cahier des charges des pros de l’aviation : le boîtier de 42 millimètres de diamètres est doté d’une finition noire et mate, permettant la parfaite lecture du cadran, comme dans les cockpits. Cet outil de précision horloger est réédité dans une version de 41 millimètres. Un microchangement qui change tout ? Les professionnels seront certainement d’accord. Cette nouvelle édition est déclinée en trois modèles au boîtier en céramique noire, trois autres en acier poli, ainsi que deux montres équipées d’un cadran à la teinte cuivrée ou kaki.

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Enfin, chez Blancpain, c’est un savoir-faire acquis dans la profondeur des mers que l’on revisite, avec la troisième réédition rendant hommage à la Fifty Fathoms, qui a fêté ses 70 ans en 2023. Cette montre de plongée culte – que l’on aperçoit au poignet du commandant Cousteau dans le documentaire Le Monde du silence (1956) – revient cette fois-ci habillée de bronze et d’or 9 carats, et avec évidemment une étanchéité à toute épreuve. Son bracelet en tissu bicolore provient quant à lui de filets de pêche récupérés dans les océans et recyclés. Ou comment vivre avec son temps, tout en célébrant le passé.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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