Japonais, allemand, suédois, espagnol… Toutes les langues se côtoient au salon horloger Watches and Wonders, qui se tient à Genève (Suisse) jusqu’à lundi 7 avril. Dans un espace de plus de 75 000 mètres carrés – les 10 000 pas journaliers recommandés par les médecins sont facilement atteints –, 60 marques d’horlogerie présentent leurs nouveautés aux visiteurs venus, visiblement, du monde entier.
L’univers de chacune d’entre elles se mesure aussi bien sur les pièces présentées qu’à travers les décors de leur stand : TAG Heuer a fait venir deux bolides de course automobile ; Hermès a confié sa scénographie de petites boîtes en bois tout en poésie à l’artiste française Sarah-Anaïs Desbenoit, tandis que Cartier a fait de son immense stand un espace lumineux, avec des canapés blancs moelleux et accueillants et des hôtes en habit de groom rouge.
C’est dans cet écrin gigantesque que les grandes tendances horlogères de l’année 2025 se dévoilent. Or, cette année, l’explosion de la couleur est la grande gagnante. Si les modèles d’apparat classiques – en acier gris avec bracelet en cuir noir ou brun – se défendent toujours, les marques rivalisent de propositions éclatantes pour attirer l’œil et surtout le portefeuille des clients.
Teinte star du moment, le bleu, que l’on retrouve dans toutes ses déclinaisons. Chez Montblanc, par exemple, il est dans un bleu glacier qui évoque les sommets enneigés sur le cadran d’une nouvelle Iced Sea Automatic Date, et vient donc enrichir cette collection lancée en 2022. Avec cependant une taille de boîtier revue à la baisse : 38 millimètres, au lieu de 41 millimètres. Le bleu se conjugue également chez Zenith sur une trilogie de chronographes emblématiques de la marque, la Chronomaster Sport, la Defy Skyline Chronograph et la Pilot, chacune taillée dans une teinte de céramique bleu électrique, du boîtier au bracelet. A noter qu’elles sont également accompagnées d’un bracelet en caoutchouc, bleu, évidemment.
Egalement plébiscité par les maisons horlogères présentes lors du salon, le rouge. Mais celui-ci tire plus vers le bordeaux que sur le carmin. On le retrouve chez Hermès, qui a présenté une nouvelle édition de sa montre de forme Cut, lancée lors de l’édition 2024 de Watches and Wonders. Ce garde-temps mécanique à remontage automatique de 39 millimètres de diamètre est aussi élégant que poétique : il s’inscrit dans la collection « Le temps suspendu », qui, par une poussée sur un bouton pressoir à huit heures, arrête le temps, seulement quelques instants. Chez Tudor, également, la couleur bordeaux s’invite dans les nouveautés présentées. Il habille le cadran et la lunette d’une Black Bay 58 – nommée ainsi en référence à l’année de lancement de la première montre de plongée de la maison, étanche à 200 mètres –, qui est montée pour la première fois sur un bracelet en acier à cinq mailles.
Beige doré ou mauve lavande
Les bracelets peuvent d’ailleurs également attirer à eux la couleur : chez Patek Philippe, une nouvelle Calatrava – modèle emblématique de la marque lancé pour la première fois en 1932 – s’habille d’un bracelet en composite vert amande. Elle est dotée d’un cadran en laque couleur ivoire et a des index revêtus de matière luminescente, pour faciliter la vision nocturne. Chez Grand Seiko, le bracelet en caoutchouc et le cadran texturé de la montre de sport Tokyo Lion se répondent : ils sont tous les deux inspirés de la couleur de la crinière du lion, et oscillent donc entre le miel et le brun. A l’intérieur du robuste boîtier de 43 millimètres de diamètre se trouve le premier mouvement de chronographe de la manufacture japonaise, le Tentagraph.
Autre montre sportive, la nouvelle Formula 1 de TAG Heuer, qui est déclinée en neuf propositions. Certaines seront officiellement lancées lors de Grands Prix de formule 1 à venir – la marque de La Chaux-de-Fonds (Suisse) est le chronométreur officiel de la compétition pour les dix prochaines années –, d’autres sont déjà disponibles à l’achat. On retiendra notamment une version jaune pop qui en impose, tant sur le bracelet en caoutchouc que sur la lunette apposée sur un boîtier en acier de 38 millimètres de diamètre. Elle est équipée du mouvement Solargraph, qui fonctionne en exposant la montre à la lumière (une minute suffit à l’alimenter pour une journée).
Chez Rolex aussi on se frotte à la couleur en 2025. Outre le lancement remarqué de la Land-Dweller, une nouvelle proposition de la maison avec un boîtier graphique au cadran travaillé en nid-d’abeilles, la marque pose un nouveau regard sur l’incontournable Oyster Perpetual. Trois nouveaux coloris mats de cadrans rejoignent ainsi la collection : beige doré en 36 millimètres de diamètre, mauve lavande en 28 millimètres ou vert pistache en 41 millimètres. De quoi contenter tous les poignets.
Le bouquet final de la couleur revient sans conteste à Hublot, qui en a épaté plus d’un avec son coffret « Master of Sapphire », qui rejoint les célébrations des 20 ans du modèle phare de la marque, la Big Bang. Ces cinq montres, réunies en seulement cinq coffrets dans le monde, conservent leur silhouette d’origine, tout en arborant des cornes plus resserrées. L’ensemble – qui ne peut être acheté séparément – est composé de cinq versions de la Big Bang MECA-10, chacune avec un boîtier en verre saphir transparent et un bracelet en silicone coordonné : blanc, bleu, violet, jaune ou turquoise. Proposés au prix de 500 000 euros, les écrins ont été tous prévendus lors du salon. De quoi redonner des couleurs au secteur horloger, qui a connu une petite baisse de régime en 2024.
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