Dès qu’il reprend le domaine familial de la Charmoise (Loir-et-Cher), en Touraine, dans les années 1960, Henry Marionnet mise sur le gamay. Considéré comme un pionnier et maître de ce cépage, dont il tire des trésors, il va jusqu’à exploiter une variété – qu’il est le seul à faire en France –, le gamay de Bouze. A 84 ans, il est l’un des vignerons français les plus respectés et membre du club très fermé de l’Académie du vin de France. Henry Marionnet se distingue aussi pour une autre raison : il n’a vraiment pas la langue dans sa poche.
Quand avez-vous commencé à croire au gamay ?
Quand j’ai commencé mon métier de vigneron, j’ai repris de mon père un domaine de 22 hectares qui était affreux, notamment parce qu’il était planté sur des porte-greffes américains de mauvaise qualité. J’ai donc décidé de l’arracher entièrement. Ce n’était pas facile, mais je n’avais pas le choix. J’ai replanté des cépages de chez nous – un peu de sauvignon, mais surtout du gamay. Je l’ai fait car c’est un cépage qui donne des vins faciles à boire, et qui nous rend heureux. Il était alors connu sous le nom de « beaujolais », même si je le produis loin de cette région. L’essentiel est que tout le monde s’est mis à le boire. La seule chose que j’avais à faire, c’était faire du bon vin !
Il vous reste 74.49% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source du contenu: www.lemonde.fr
