Est-ce bien raisonnable de… porter du blanc en hiver ?

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Si les polémiques nées sur les réseaux sociaux ne méritent généralement qu’un silence consterné, celle ayant entouré la désignation par la firme Pantone du blanc comme couleur de l’année 2026 vaut bien quelques lignes. Au-delà de son caractère discriminatoire, cette mise en lumière permet en effet de poser froidement une question de saison : porter du blanc en hiver est-il une mauvaise idée ou une très mauvaise idée ?

Le port d’un tee-shirt, d’un polo ou d’une robe immaculés est, en été, une évidence flattant le teint autant que la mémoire d’Eddie Barclay, mais la déclinaison hivernale du concept est périlleuse. Tous ceux ayant un jour tenté l’aventure du pantalon ou du manteau blanc en novembre ou en février pourront témoigner de l’excitation au moment de braver le code couleur de la saison, puis du sentiment de peur leur ayant pourri la journée.

Une fois quitté le domicile, et sa lumière chaude et douce, commence en effet le parcours du combattant. Ainsi, sous le regard éberlué de ses covoyageurs des transports en commun, l’individu ainsi vêtu devra se contorsionner de façon à éviter les coups de semelle, les frottements de crasse et les coulures de gras.

Déjeuner sans soupe ni sauce

La manœuvre sera évidemment vouée à l’échec, pour le plus grand plaisir de ses collègues d’open space qui ne manqueront pas de saluer avec fracas son arrivée au poste. « Ah ! bah, la dame blanche s’est déjà salie ! », lancera le plus insupportable d’entre eux.

Une fois celui-ci signalé à la RH pour harcèlement moral viendra le défi du déjeuner sans soupe ni sauce. Même le café générera un pic de stress. Ce sentiment désagréable ne s’arrangera pas lors du passage aux sanitaires. Sous la lumière froide des lieux, il fera ainsi le double constat de la tristesse décuplée de son teint et du piteux état de la pièce blanche portée.

De fait, si les frottements de la journée glissent sur les habits sombres, ils chiffonnent les habits de teinte opaline sans la moindre pitié. Ainsi, l’individu en blanc regagnera son logis la mort dans l’âme et conclura que cette audacieuse initiative n’est pas compatible avec l’hiver et la ville. Le lendemain, évidemment, il s’habillera en noir.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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