Ces objets stupéfiants, vus lors des derniers salons de Paris ou de Milan, parlent moins de la conquête spatiale que de nouveaux horizons, entre mirages dans le désert et exploration de mondes parallèles. Imprimés dans l’argile grâce à de nouvelles technologies, ici, des vases scarifiés aux formes inédites fouillent la mémoire de l’humanité, de l’Afrique à l’Asie ; là, des miroirs importés de quelques voyages sidéraux diffusent un halo de lumière incertain, déformant la réalité. Quant au mobilier ou au luminaire, il prend des allures d’ovnis ou d’avatars, devenus anthropomorphes, dans la lignée de la collection « Animali domestici », d’Andrea Branzi (1938-2003), avec ses hybrides de matériaux naturels et industriels.
Bienvenue dans une nouvelle sphère domestique où les objets, devenus rebelles, prennent vie, entre onirisme et science-fiction.
Un canapé cellulaire
Ce sofa est à l’image d’un lymphocyte, une cellule immunitaire du corps humain. Plus encore, prévient son auteur, Taras Yoom, artiste pluridisciplinaire de 33 ans, fondateur du studio Yoomoota Universe : « Lymphosofa est en pleine métaphase », soit la formation de cellules filles génétiquement identiques à la cellule mère. Basé à Hongkong et déjà multiprimé, ce jeune Russe, né dans une famille de médecins et d’architectes à Tomsk, en Sibérie occidentale, s’ingénie à peupler d’objets et d’êtres sidérants la planète Orginion, née de son imagination.
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