Cet article est tiré de notre supplément « Le Goût de M », consacré au Japon, en vente sur la boutique du Monde.
C’est un élément de décor auquel on prête rarement attention, et pour cause… La poignée de porte est aujourd’hui délaissée au profit du système à galandage, coulissant, ou du « push open » qui permet d’ouvrir et de fermer une porte d’un coup de pression. « Je mets les poignées de porte dans la même catégorie que les interrupteurs et les plinthes, ces détails censés se faire oublier, souligne Mathilde Maître, designer et coautrice avec son confrère Thomas Borie de la newsletter Punktional. Ce sont des objets choisis par défaut qui, s’ils détonnent, se voient comme le nez au milieu de la figure. »
Pourtant, les designers et architectes de renom savent qu’ils sont indispensables pour assurer la cohérence d’un intérieur. Si Arne Jacobsen a soigné l’allure des poignées de porte du Radisson Collection Royal Hotel, ouvert en 1960, Gio Ponti a fait fabriquer celles de la tour Pirelli, construite à Milan entre 1956 et 1960, par la société italienne Olivari – référence mondiale en la matière depuis plus de cent ans, comptant dans son catalogue les créations de Zaha Hadid, Jean Nouvel, Shigeru Ban ou Rem Koolhaas.
Plus récemment, en 2018, la designer française Inga Sempé a imaginé un modèle en nickel poli en forme de madeleine, tandis que les architectes d’intérieur bordelais Agnès Cambus et Manuel Bonnemazou lançaient il y a dix ans leur marque de poignées en laiton, afin de « renouer avec les notions de décor et d’ornement ». Fondée en 2023 par Fanny Merigous, la marque Hello Jacques rhabille les poignées de motifs et de teintes réalisés à la main. Son best-seller ? La Léo, à imprimé léopard.
Poignée en laiton, aspect or mat, avec rosaces d’Inga Sempé, 266,40 € la paire, laquincaillerie.com ; poignée Goutte Light Modèle FO00-GLOO, en laiton, Bonnemazou-Cambus, 366 € la paire, bonnemazou-cambus.fr ; bouton Léo,
à imprimé léopard, Hello Jacques, 47 €, hellojacques.com
Source du contenu: www.lemonde.fr
