Des bijoux de récup’

Date:

La création de Lee MinSeo.

Enfant, Lee Min Seo participait à un club de musique. Son instrument ? Le janggu, sorte de large tambour que l’on sangle au buste, porte à l’horizontale et frappe des deux côtés. « Quand la peau rompait, il fallait la remplacer : on jetait alors le cuir de chèvre à la poubelle », se souvient cette timide étudiante en design de l’université Hongik, à Séoul. Au moment de candidater à un concours de créateurs de bijoux inédit, c’est à ce gâchis que la Sud-Coréenne a repensé.

La consigne du Kering Generation Award X Jewelry – supervisé par le groupe de luxe français, la Confédération internationale de la joaillerie et Poli.design, la branche design de l’Ecole polytechnique de Milan – était d’imaginer des créations à partir de rebuts, avec, à la clé, un stage au sein d’une maison de Kering (Boucheron, Pomellato et Qeelin).

Le 7 juin, parmi les projets d’élèves de dix universités, c’est Lee Min Seo qui est sortie lauréate face à l’Américain Tony Favorito, arrivé deuxième. « Quand mes camarades et moi avons commencé à réfléchir à nos propositions, le plastique était omniprésent : certains ont choisi d’utiliser des guirlandes de Noël, d’autres des résidus trouvés sur les plages… Je voulais quelque chose de plus noble », raconte Tony Favorito, de sa chambre d’étudiant du Rochester Institute of Technology, dans l’Etat de New York.

L’autodidacte en bijoux et passionné de design de baskets, fan de Nike et de LeBron James, a récupéré du surplus de marbre. Taillés au nanomètre près par découpage au jet d’eau (un procédé utilisant un filet d’eau supersonique), les morceaux de roche sont ensuite montés sur un corps de bague en acier inoxydable. « Un tel éclat de matière peut véhiculer une forte charge émotionnelle : vous pourriez par exemple porter le marbre brisé de votre ancienne maison », projette-t-il.

Tony Favorito, finaliste du concours de création de bijoux lancé par Kering.
La création de Tony Favorito.

Un bijou-souvenir, en somme, comme pour Lee Min Seo, qui a récupéré des restes de cuir de janggu auprès de vendeurs sud-coréens spécialisés. « J’humidifie d’abord la matière, dont l’épaisseur et la texture varient, puis je la chauffe et la presse afin qu’elle se contracte et crée naturellement des ondulations. » Des motifs qu’elle superpose et enfile ensuite sur une tige de métal doré pour créer colliers ou bracelets aux airs de coraux. Deux propositions que ces deux vingtenaires ont pu présenter à Las Vegas, à la foire JCK, qui s’est tenue début juin, fréquentée par plus de 17 000 professionnels de la joaillerie.

@art_minnnn
tonyfavorito.myportfolio.com

Réutiliser ce contenu


Source du contenu: www.lemonde.fr

Share post:

Populaire

More like this
Related