Dans les archives du chausseur Roger Vivier, le « Fabergé du soulier »

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C’était devenu une habitude : dans les années 1950-1960, Roger Vivier (1907-1998) décachetait régulièrement des lettres furieuses, débordant de reproches et parfois d’insultes. En cause, ses talons aiguilles, lancés en 1954 et renforcés par une tige en métal, accusés de trouer les tapis et d’abîmer les parquets. Très fins, ils concentraient le poids du corps sur une surface infime. A l’époque, des hôtels, des bibliothèques et des musées (comme le Louvre en 1964) sont même allés jusqu’à interdire l’accès aux femmes chaussées de ces aiguilles redoutables.

Sculpteur de formation, Vivier avait une obsession pour la courbe et l’équilibre. Ses talons étaient sa ligne de force. « Chercheur-chausseur », le surnommait-on : un expérimentateur qui déposait des brevets, testait des matériaux, étudiait le galbe du pied. « Il voulait toujours aller plus loin sur le plan technique et visuel », explique le Toscan Gherardo Felloni, directeur artistique de la maison depuis 2018, à tel point qu’on disait de lui qu’il « avait changé notre façon de marcher ».

Le créateur, actif des années 1930 aux années 1990, a su faire de la chaussure un art total. Tout au long de son parcours, il a multiplié les inventions : escarpins brodés de fils d’argent et de topazes, souliers-chaussettes en tissu extensible, sandales à talon de nacre ou de diamants, cuissardes agrémentées de plumes, de cristaux et de perles… Cette sensibilité artistique lui a valu le surnom de « Fabergé du soulier ».

Ancienne demeure d’aristocrates

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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