« C’était un petit jardin, qui sentait bon le métropolitain », chantait Jacques Dutronc au début des années 1970. On a comme l’impression qu’il existe encore en pénétrant dans cet éden niché près de la Poterne des peupliers, dans le quartier historique de la Bièvre (13e arrondissement). Sur ce petit arpent de 300 mètres carrés, en lisière de la crèche Max-Jacob, mis à sa disposition en 2020 par la mairie de Paris, Aurélia Wolff cultive des plantes tinctoriales, c’est-à-dire celles qui sont utilisées pour teindre les fibres textiles. Ecorce de chêne concassée, peau d’avocats, fanes et fleurs de carottes sauvages, rhubarbe, tout l’inspire !
Après avoir créé une première marque de mode éthique – Rosa tapioca –, cette styliste de formation se passionne pour la teinture végétale et lance, en 2014, Whole, un projet protéiforme, à la fois marque de textile pour la maison et les enfants et espace de réflexion et d’expérimentation sur les couleurs naturelles.
« En tant que styliste, je dessinais beaucoup mais sans pouvoir intervenir dans les principales étapes de la fabrication. J’ai commencé à expérimenter la teinture végétale avec, en tête, l’idée d’enrichir ma collection de prêt-à-porter en imaginant mes propres coloris », raconte la créatrice. La couleur naturelle devient progressivement le cœur de son activité et sa marque de textile, une sorte de vitrine d’un savoir-faire.
Un grand capharnaüm bien ordonné
Inspirée par ses échanges avec Michel Garcia, grand manitou des teintures naturelles et créateur du Jardin conservatoire des plantes tinctoriales de Lauris (Vaucluse), Aurélia Wolff a planté dans ce mini-monde une centaine de variétés de plantes à couleurs les plus courantes. Contrairement à ce qu’on pourrait croire en déambulant dans ce grand capharnaüm végétal, tout est ordonné, rangé, classé. En plein milieu, les plantes « grand teint » (celles qui donnent une couleur durable), là-bas les arbustes et arbres (néflier du Japon, sureau), un peu plus loin quelques plantes médicinales.
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