Assurer ses actes de chirurgie esthétique, c’est désormais possible

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Alors que les interventions sont de plus en plus nombreuses, une assurance se dédie aux complications postopératoires. Une première en France.

On appelle ça les « aléas thérapeutiques ». En fait, des complications postopératoires avec, le plus souvent, des cicatrisations difficiles, des infections, des hématomes et autres reprises chirurgicales. « Il existait encore un vide dans la couverture santé de ces complications souvent coûteuses, qui restaient à la charge du patient. Jusqu’à présent, il y avait, en chirurgie esthétique, seulement deux types d’assurances : la responsabilité civile professionnelle du chirurgien qui couvre un manquement du praticien, et l’assurance “produit” qui couvre, par exemple, une prothèse mammaire défectueuse », détaille Pascale Buchberger, responsable développement de Medassure beauty.

Alors que la Sécurité sociale prend uniquement en charge les interventions réparatrices, les recours juridiques paraissent souvent longs, coûteux, incertains. Avec près de 900 000 actes esthétiques recensés en France dont 323 600 interventions chirurgicales selon l’Isaps (International Society of Aesthetic Plastic Surgery), les assureurs commencent donc à se pencher sur ce marché fructueux. Medassure, créée en Allemagne il y a une quinzaine d’années, a été la pionnière à se positionner dans ce parcours de soins esthétiques sur l’Hexagone.

Une couverture qui marche aussi à l’étranger

Le taux des complications n’est pas anodin, il concernerait de 5 à 10 % des augmentations mammaires avec implants, qui peuvent provoquer des contractures capsulaires, c’est-à-dire une réaction inflammatoire de l’organisme. Mais aussi 15 % des réductions mammaires avec plutôt des problèmes de cicatrisation, une perte de sensibilité et des hématomes. Et enfin, de 1 à 5 % des blépharoplasties. Ce sont bien de véritables risques qui n’ont rien à voir avec une quelconque insatisfaction. « Le plus souvent, le chirurgien refait gratuitement son acte mais le patient doit payer les frais liés à l’opération. Par exemple, le séjour, l’anesthésie, les soins ou la médication, continue Pascale Buchberger. Dans certains pays européens comme l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie mais surtout en Amérique du Sud où les interventions sont beaucoup plus nombreuses, ces assurances sont devenues un réflexe et les chirurgiens les suggèrent quasiment systématiquement aux patients. En France, c’est pour l’instant un peu plus difficile, certains médecins craignent que cela remette en cause leur expertise. »

Pour convaincre, ces assurances d’un nouveau genre parient aussi sur la prise en charge, à leur retour en France, de patients qui se font opérer à l’étranger. « Attirés par des tarifs plus bas, notamment en Turquie, en Espagne, en Italie ou en République tchèque, ils doivent souvent faire face à l’absence de suivis postopératoires structurés, ce qui peut augmenter, de fait, les risques de complications. »

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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