A Milan, le retour de la mode sexy et bling-bling des années 2000

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Depuis environ un an et demi, le luxe discret, chic et indémodable s’est imposé sur les podiums, et en boutique. Dans le cadre de la fashion week milanaise qui se déroule jusqu’au 3 mars, la plupart des marques restent fidèles à ce credo. Mais quelques-unes font aussi de la résistance.

Dsquared2 a mis le paquet pour célébrer ses 30 ans. Dans un vaste espace d’exposition, la marque canadienne a recréé une petite ville nord-américaine, avec des immeubles en briques alignés le long d’une Fashion Avenue et des voitures de collection pour déposer les mannequins au pied du podium. La première à sortir d’un fourgon blindé est la rappeuse Doechii, corsetée dans une micro-parka et vêtue d’un short aussi court que la ceinture qui le retient, d’où s’échappent des liasses de dollars à l’effigie des frères Caten, les fondateurs de Dsquared2.

Sexy, colorée et bling-bling, la collection est riche en robes fendues des épaules aux pieds, de tee-shirts qui laissent le ventre à l’air, de jeans à la taille descendue au niveau des genoux, de fourrures qui traînent par terre, de combinaisons lamées ressuscitant la discothèque new-yorkaise Studio 54, etc. Les mannequins prennent des poses et dansent, encouragées par une foule de figurants venus peupler la cité en carton. Le propos stylistique n’est pas transcendant, mais l’ambiance festive est réjouissante.

Nuisettes fleuries

La mise en scène est tout aussi monumentale chez Diesel, où le designer Glenn Martens a mandaté 7 000 graffeurs pour ornementer une sculpture géante évoquant des poupées gonflables enchevêtrées. « J’adore l’idée que des milliers de personnes du monde entier se soient réunies pour réaliser le décor. On leur a donné carte blanche pour qu’elles s’expriment librement, dans l’esprit démocratique qui caractérise Diesel », affirme le créateur belge. Certains graffitis sont plus politiques que d’autres : « Golfe du Mexique » compte plusieurs occurrences, tout comme les messages de soutien à la communauté LGBT.

Les mannequins affublées de lentilles de contact qui leur donnent des airs de zombie sont fidèles au style sexy trash qui caractérise Diesel, avec son contingent de jeans qui montrent la raie des fesses et de jupes remontant au-dessus de la culotte. Mais cette fois, il se double d’un travail sur des tailleurs en laine à motif pied-de-coq évoquant plutôt un style bourgeois, que Glenn Martens malmène, déconstruit et effiloche. Comme souvent, l’effort porté sur les matières et les proportions fait tout l’intérêt du défilé.

Blumarine.

Du neuf du côté de Blumarine. Après quelques saisons d’errance, la marque italienne fondée en 1977 a recruté le Géorgien David Koma pour raviver son esthétique boudoir kitsch. Et, dans le genre, c’est plutôt bien fait : des robes en dentelle 100 % transparentes côtoient des nuisettes fleuries bordées de fourrure, des pantalons en cuir lacés sur le côté sont ornés de grosses ceintures métalliques, et des culottes (portées sans rien au-dessus) scintillent grâce à leur papillon strassé apposé sur le pubis.

Certains looks sont plus subtils, à l’instar d’une robe de cocktail immaculée un peu BCBG. Quand on la regarde de près, on se rend compte que le bustier est si échancré qu’il laisse entrevoir la naissance des tétons. Pour ceux qui pensaient que le style années 2000 était passé de mode : Milan ne l’entend pas ainsi !

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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