A Cognac, Tessendier fait fût de tout spiritueux

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Jérôme Tessendier, c’est la personne qu’il faut inviter à dîner. Il « arrive toujours », affirme-t-il, avec une bouteille de cognac, une de whisky et une autre de rhum. Il peut se le permettre. Jérôme, 55 ans, est à la tête, avec son frère, Lilian, de trois ans son aîné, de la distillerie Tessendier qui produit ces trois alcools dans des gammes très fournies, mais aussi des vodkas, des gins, du pineau, des liqueurs (poire, plantes…), etc. Au total, quelque quatre-vingts produits.

Comment, au cœur de la ville de Cognac, mais aussi de Jarnac, autre centre névralgique du célèbre spiritueux charentais, peut-on se risquer à produire d’autres alcools, quand toute l’activité agricole et économique est vouée au cognac ? L’histoire familiale est ancienne. Elle commence en 1880 avec l’arrière-grand-père. Génération après génération, l’entreprise s’étoffe avec des acquisitions, telle celle d’une distillerie à Jarnac en 1970. Elle possède aussi un domaine de 22 hectares de vignes au cœur du superbe cru des Borderies.

Les deux frères arrivent dans la société successivement en 1992 et en 1993, période où la situation économique du cognac et des distilleries est très difficile. Jérôme, « enfant d’Erasmus dans une école de commerce européenne », décide avec son frère de s’ouvrir à d’autres marchés. Lui, la tête chercheuse, se penche sur les whiskys, les rhums, les vodkas ou encore les gins. « On souhaitait élargir notre identité de producteur 100 % cognac à “Tessendier, maison de spiritueux”, dont le cognac resterait l’ADN, explique le maître de chai. On a commencé par le rhum, plus facile à faire pour moi, car c’est un peu un cousin en termes d’aromatiques, de fabrication. Sa production est aussi une histoire d’assemblage. » Les premiers rhums sortent en 2014. Cinq ans après, c’est au tour des whiskys, suivis des gins en 2020.

Donner envie aux consommateurs français

Pourquoi un tel foisonnement, au risque de s’y perdre ? « Quand j’ai annoncé cette volonté de diversification, certains m’ont critiqué : “Tu bouffes à tous les râteliers !” Même le BNIC [Bureau national interprofessionnel du cognac] ne le voyait pas d’un très bon œil, craignant un moindre investissement dans le cognac. Alors que c’était l’inverse, en diversifiant, je pouvais investir plus. Si on n’avait pas pris cette orientation, on aurait sûrement déposé le bilan », assure Jérôme Tessendier, dont l’entreprise compte une petite cinquantaine de salariés. Sur les 35 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés en 2023, l’alcool traditionnel charentais représentait 40 % du total.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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