REPORTAGE – Après son coup d’État en 2021, le régime militaire birman a dû faire face à l’ouverture d’un nouveau front : l’État Chin, dans l’ouest du pays. Une province longtemps méprisée par un pouvoir stigmatisant les minorités chrétiennes, désormais transformée en bastion d’une rébellion qui ne cesse de s’amplifier.
Cet article est issu du «Figaro Magazine».
Pour rejoindre la ville de Thantlang depuis le camp Victoria, dans l’ouest de la Birmanie, ce n’est qu’une longue route traversant villages et collines recouvertes d’une épaisse végétation, pratique pour se dissimuler aux yeux des avions de chasse de la junte qui sillonnent le ciel. À chaque point de contrôle, quelques soldats du CNA (Chin National Army) montent la garde. D’autres fabriquent des mines antipersonnel et des grenades avec les moyens du bord.
Leurs mains manipulent des explosifs artisanaux, conditionnés dans des tubes métalliques ou des boîtes rouillées. Ils assemblent une petite bombe à partir de débris recyclés, utilisant des fils dénudés, de la poudre noire et des détonateurs bricolés avec une précision presque…
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