«Tu pourriras dans ta cellule» : dans l’Arizona, le leader polygame d’une secte condamné à 50 ans de prison

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L’homme a été condamné notamment pour abus sexuels sur mineurs. Il revendiquait 20 épouses, dont dix mineurs. Certaines n’avaient même pas dix ans.

«Le préjudice que vous avez causé est tout simplement incommensurable», a déclaré la juge fédérale à Samuel Bateman. Ce dernier a été condamné à 50 ans de prison, lundi, par le tribunal judiciaire de l’Arizona pour avoir notamment orchestré l’exploitation de jeunes filles, relève le journal local AZ Central . Il a avoué avoir persuadé des enfants à se livrer à des activités sexuelles avec lui ou avec des membres de sa secte, selon le quotidien. Il a aussi admis être le prophète d’une branche dérivée de l’Église Fondamentale de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Un groupe provenant du mouvement des Mormons, mais séparé depuis que ces derniers ont arrêté la polygamie. Samuel Bateman en était lui-même un et ne revendiquait pas moins de 20 épouses dont dix mineures. Cependant, aucun de ses mariages n’était légal aux yeux de la loi, a déclaré la procureur. 

Samuel Bateman était au départ un disciple de Warren Jeffs, prophète de la secte dont est dérivé le groupe du criminel, qui lui-même avait été condamné en 2013 à de la prison pour des abus sur mineurs. Les deux hommes s’étaient ensuite séparés à cause des positions trop extrêmes de Samuel Bateman au début des années 2010. En 2019, il commence à prendre ses adeptes féminines comme «épouses», révèle l’accord de plaidoyer consulté par AZ Central. Certaines filles n’ont que neuf ans. 

Lors du procès, il a été reconnu que Samuel Bateman manipulait les enfants et ses disciples. Dans des images filmées par une association (sous couvert de documentaires), et diffusées lors du procès, les jurés ont pu voir des membres de la secte se livrer à des activités sexuelles avec des enfants pendant que Samuel Bateman les regardait et faisait réciter aux jeunes filles qu’il n’y avait rien de mal à ce qu’ils faisaient. Ces images ont permis au FBI de s’intéresser aux dossiers de l’arrêter en septembre 2022. 

«Des séances de thérapie sans fin»

«Sam tu n’as plus aucun pouvoir sur moi», a lancé une jeune victime lors du procès à son agresseur, dans des propos relayés par AZ Central. «J’espère que tu ressentiras la douleur que tu m’as causée quand tu pourriras dans ta cellule», a-t-elle ajouté. Une autre victime âgée de 17 ans et sous couvert d’anonymat a déclaré ne pas être venue pour la femme qu’elle devient mais «pour l’enfant qui n’a pas de voix, qui est exploité, qui se réveille chaque jour esclave des passions perverses d’une personne mauvaise»

Devant la juge, la jeune fille a aussi expliqué que les personnes qui n’ont pas vécu d’abus ne pouvaient pas la comprendre, alors elle voulait leur faire entendre sa souffrance. Avoir été victime de ces choses, «c’est ne pas oser ressentir la douleur parce que vous ne savez pas si vous pouvez la supporter. C’est être allongé dans votre lit et se demander si vous comptez pour quelqu’un. Ce sont des séances de thérapie sans fin, pleines de larmes qui ne semblent rien résoudre», énumère-t-elle sans une certaine émotion. «C’est ne pas oser faire confiance à qui que ce soit parce que vous ne voulez pas être blessé à nouveau. C’est un cœur brisé en un milliard de morceaux qui semblent impossibles à recoller», a-t-elle ajouté. 

L’avocat de la défense a demandé que son client puisse bénéficier d’un traitement de santé mentale comme les victimes. Il s’est alors justifié en disant que le leader de la secte avait été lui aussi dupé et endoctriné auparavant. Mais la juge n’a rien entendu et a condamné l’accusé à la peine maximale requise. Sept de ses «épouses» ont été reconnues coupables de complicité, selon l’Associated Press. Deux de ses disciples seront, eux, jugés le 16 décembre et le 20 décembre. 

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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