PORTRAIT – Le chef de l’ex-branche syrienne d’al-Qaida, qui a terrassé le régime syrien, tente, depuis des années, d’effacer sa radicalité pour gagner en crédibilité.
Il tient désormais à être appelé commandant Ahmed al-Chareh, son nom à l’état civil. Une façon de renvoyer dans l’ombre Abou Mohammed al-Joulani, son nom de guerre et d’islamiste radical, pour parachever sa mue. Le chef du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTC), la milice au centre de l’offensive fulgurante qui, en quelques jours, a terrassé le régime des el-Assad, veut édulcorer sa réputation de djihadiste et se faire homme d’État.
Dimanche, c’est donc bien Ahmed al-Chareh qui a célébré, au cœur de Damas, la victoire « historique » des siens, debout devant les somptueuses marqueteries en marbre de la mosquée des Omeyyades, joyau de l’art islamique tout juste repris aux forces de régime. « Cette victoire, mes frères, est un triomphe (…) Aujourd’hui, la Syrie est purifiée. » Filmé par des dizaines de téléphones de ses partisans scandant « Allah akbar », ces mots se veulent loin des diatribes extrémistes, sobres, comme sa tenue. Le leader du HTC a remisé…
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