ENTRETIEN – Dans son dernier livre, l’ancien diplomate raconte le « moment géopolitique » très particulier que vit aujourd’hui la Pologne, en train de devenir, par ses succès économiques, sa taille et sa volonté de se protéger de la Russie, un grand État pivot de l’équilibre européen de l’est de l’Europe.
LE FIGARO. – Vous constatez dans votre livre que la Pologne est devenue un grand État européen appelé à jouer un rôle « pivot » dans l’est de l’Europe, évoquant un « moment polonais » . Mais vous montrez que cette émergence ne vient pas de nulle part et que le passé de la Pologne, l’un des grands pays européens au XVIe siècle, a son importance.
PIERRE BUHLER. – Resté dans l’histoire comme le « Siècle d’or », ce XVIe siècle a été celui de la prospérité, de la pénétration des idées humanistes de la Renaissance, de la tolérance, de la liberté de culte et aussi de la puissance de l’État au centre de l’Europe. Suzerain d’une Prusse sécularisée, le roi de Pologne parle d’égal à égal avec Charles Quint et ses successeurs résistent aux tentatives d’Ivan le Terrible, « tsar de toutes les Russies », de reconstituer la Rous kiévienne du début du millénaire. Cette période, où la Pologne était au faîte de sa puissance, reste gravée dans la mémoire polonaise.
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