PORTRAIT – Nommé par le pape à Homs, Hama et Nebek, en mars 2023, il mène une vie ascétique pour rester solidaire du sort des Syriens démunis et veut redonner confiance aux chrétiens inquiets qui résident encore dans le pays.
Il a vu son pays dévasté par la guerre, les tremblements de terre, la pauvreté. Il est resté. Il a vu ses proches mourir, ses fidèles s’exiler, son meilleur ami disparaître sans laisser de traces. Et lui, il a continué à rire et à accueillir. Il a été kidnappé durant cinq mois par des islamistes radicaux qui lui ont demandé d’abjurer sa foi en Jésus, l’ont menacé, intimidé. Lui est resté fidèle à son maître spirituel né il y a plus de 2000 ans, se déclarant prêt à mourir comme ce dernier, en martyr.
À 56 ans, Mgr Jacques Mourad ne dit jamais qu’il est fatigué. Son dos forme une courbe qui l’oblige à remonter les épaules et trahit une certaine tension. La mission d’aimer en toute occasion, et jusqu’au bout, est la colonne vertébrale de son existence. Né à Alep dans une famille modeste deux ans après l’arrivée d’Hafez el-Assad au pouvoir, il a été formé à l’école chrétienne francophone et initié au rite syriaque catholique dès son plus jeune âge.
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