DÉCRYPTAGE – Les débats lors du procès du rappeur Sean Combs, alias P. Diddy, poursuivi pour s’être servi de son empire à des fins de trafic sexuel, débutent ce lundi 12 mai. Il est accusé d’avoir forcé des femmes, par la violence et la drogue, à participer à des soirées orgiaques appelées «Freak Offs».
La première impression renvoyée par un accusé dans le tribunal peut être déterminante pour la suite de son procès, notamment dans l’esprit des membres du jury qui statuent sur sa culpabilité. Et cela, les avocats de P. Diddy l’ont bien compris. Depuis le lundi 5 mai, le rappeur P. Diddy, accoutumé aux tapis rouges et aux costumes de luxe, renvoie une tout autre image sur le banc des accusés. Le rappeur américain, la barbe et les cheveux grisonnants, a troqué le classique uniforme beige des détenus pour un pull bleu marine, une chemise à col blanc et des lunettes posées au bout du nez. Un changement de tenue accordé par le juge sur demande de l’équipe juridique de Sean Combs, de son vrai nom. Ses avocats souhaitent «adoucir son image», qu’il paraisse «le plus inoffensif possible», analysent les journaux américains. «Cela lui offre de la respectabilité et du sérieux», acquiesce Benjamin Fiorini, maître de conférences en droit pénal à l’université Paris 8, spécialisé en droit comparé franco-américain. Avec ce nouveau visage de P. Diddy, ses avocats cherchent à «humaniser l’horrible personnage dépeint dans les médias» aux yeux des jurés et ainsi, tenter de réduire sa peine, alors que les débats commencent ce lundi 12 mai dans le tribunal de Manhattan. Poursuivi dans le cadre d’une enquête fédérale pour «trafic sexuel», «transport à des fins de prostitution» et «complot de racket» il encourt la perpétuité.
Le rappeur, qui plaide non coupable de tous les chefs d’accusation, a engagé une armée de 8 avocats pour assurer sa défense : Marc Agnifilo, Teny Geragos, Alexandra Shapiro, Brian Steel, Nicole Westmoreland, Xavier R. Donaldson, Anna Maria Estevao et Jason Driscoll. Leur stratégie : faire valoir que les femmes qui ont participé à ses soirées sexuelles l’ont fait de leur plein gré. La bataille juridique…
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