Les images de l’intérieur du luxueux Boeing 747 offert par le Qatar à Donald Trump

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INFOGRAPHIES – Ce 747-8i, cadeau de l’émirat gazier pour le président américain, est un véritable palais volant mais semble totalement inadapté aux contraintes de la fonction de son futur occupant.

L’avion offert par le Qatar et accepté par Donald Trump, est certes impressionnant. Il s’agit d’un Boeing 747-8i, la version la plus imposante du célèbre jumbo-jet. Pourtant, malgré sa stature, il ne dispose d’aucun moyen de protection exigé par le transport d’un président des États-Unis : pas de communications sécurisées, pas de brouilleurs, pas système de ravitaillement en vol… Estimé à l’état neuf à 400 millions de dollars – l’avion date de 2012 mais a très peu volé –, il n’est qu’un colosse d’apparence et d’apparat.

Les photos de l’intérieur dévoilent un palace ultramoderne, destiné à se déplacer dans un confort inégalé. Conçu à l’origine pour transporter 460 passagers, celui-ci ne compterait plus qu’une soixantaine de sièges. L’espace privilégie les salles de réunion, les larges fauteuils, les zones privatives… Bureaux, chambres, salles de bains, écrans géants, l’intérieur brillant, laqué, doré, a été imaginé par la prestigieuse agence de décoration française Alberto Pinto, sa mise en œuvre ayant été confiée à AMAC Aerospace, une entreprise suisse basée à Bâle. À la mi-février, le Qatar l’avait envoyé de Doha jusqu’en Floride, à West Palm Beach, où Donald Trump avait pu le visiter. Actuellement, l’avion se trouverait à San Antonio, au Texas.

Plongée à l’intérieur d’un palais volant

Harmonie des teintes crème et beige, moquettes moelleuses, panneaux en bois verni, le grand salon se compose de trois canapés.
© AMAC Aerospace
La suite principale est située à l’extrémité avant de l’appareil. Plusieurs autres chambres avec des salles de bains privatives sont à disposition des passagers.
© AMAC Aerospace
L’une des salles de bains, avec douche à l’italienne.
© AMAC Aerospace
L’escalier conduisant au pont supérieur.
© AMAC Aerospace
Le salon à l’étage, avec écran géant face au canapé et à la table basse.
© AMAC Aerospace

De nombreuses interrogations subsistent quant aux coûts et à la complexité des travaux de réaménagement nécessaires pour adapter l’avion à un usage présidentiel. Le chantier, à la fois techniquement exigeant et long, est estimé à près d’un milliard de dollars. Il faudra, par exemple, au préalable s’assurer qu’il soit vierge de tout système d’écoute électronique caché, y ajouter des systèmes de transmission cryptée, des brouilleurs d’ondes, des protections antimissiles…

Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a confirmé que «le ministère de la Défense veillera à ce que des mesures de sécurité appropriées et les exigences fonctionnelles de mission soient prises en compte pour un avion utilisé pour transporter le président des États-Unis». Les experts estiment qu’il pourrait être malgré tout envisageable de renoncer à certaines exigences de sécurité, permettant ainsi à l’avion de servir temporairement de remplaçant à Air Force One. Son utilisation se limiterait alors à des vols intérieurs.

Le nouvel Air Force One se fait attendre

Entre l’hôte de la Maison-Blanche et ces prestigieux appareils, c’est une longue histoire chargée de frustration. Dès son premier mandat, Donald Trump commande à Boeing deux appareils pour remplacer les anciens avions présidentiels. Ces derniers, des versions modifiées de Boeing 747-200, sont jugés trop vieux. Commandés sous Ronald Reagan, ils ont été livrés pour George Bush en 1990. Ils volent pourtant très peu, comparé à ceux exploités par les compagnies aériennes civiles.

Construire un tel appareil est un défi gigantesque. Air Force One est non seulement un avion de luxe, mais il est surtout une forteresse volante, capable de résister aux scénarios hostiles, pour transporter en toute sécurité l’homme le plus puissant du monde partout sur la planète. La «mallette nucléaire» voyage à bord, protégée par un officier de l’armée de l’air. Même si, malgré leur âge, les deux Air Force One ont été régulièrement modernisés, notamment avec des systèmes de communication cryptés, une capacité antimissile et des équipements médicaux à bord, la décision est prise de les remplacer. Un contrat est passé en 2018 pour 4 milliards de dollars avec Boeing, la livraison des appareils étant prévue pour 2024.

Des coûts d’exploitation très élevés

Mis en chantier depuis plusieurs années, leur fabrication accumule les retards. Et leur budget explose. Le premier ne serait pas attendu avant 2027, voire 2029. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump suit de près l’avancée du projet, allant jusqu’à demander de relooker les avions dont il n’apprécie pas le design bleu clair et blanc. Il souhaite y ajouter du rouge et du bleu foncé, des couleurs s’inspirant de son avion personnel, le «Trump Force One». Une maquette arborant cette livrée revisitée est d’ailleurs exposée dans le Bureau ovale.

Basés aussi sur le modèle du Boeing 747-8i, comme l’avion qatari, ces appareils offriront des améliorations significatives en termes de performances, de sécurité et de confort. Ils seront dotés de systèmes de contre-mesures électroniques, d’un blindage renforcé et de protections contre les impulsions électromagnétiques. Une fois au sol, ils seront autonomes grâce à des escaliers intégrés à l’avant et à l’arrière, permettant d’embarquer sans infrastructure aéroportuaire. Mais leur coût d’exploitation restera élevé, estimé à environ 135 millions de dollars par an pour chaque appareil, selon le Pentagone.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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