ENTRETIEN – Face à la Russie, Margus Tsahkna souligne l’importance clé du rôle de la France et de sa dissuasion nucléaire. Il dit voir un «vrai réveil» du continent européen en matière de défense.
LE FIGARO. – Les Estoniens sont très proches des États-Unis et ont toujours été très dépendants de leur protection. Comment perçoivent-ils les zigzags de Washington ?
MARGUS TSAHKNA. – Ils ne savent que penser. C’est la première fois que des gens m’arrêtent dans la rue pour me dire : que se passe-t-il ? Les Estoniens sont sur la carte du monde depuis deux mille ans environ. La langue estonienne est l’une des plus anciennes langues indo-européennes et seulement 1 million de personnes la parlent. Mais nous sommes toujours là, même si nous vivons géographiquement dans un endroit particulièrement fou !
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Les cent dernières années nous ont appris que chez nous les mauvaises choses viennent de l’Est. Ce que Poutine avait annoncé lors de la conférence sur la sécurité de Munich de 2007, (à savoir son plan impérial de reconstitution de l’URSS, NDLR), n’était pas une nouveauté pour nous, même si personne ne l’avait pris au sérieux en Occident. La Russie est dans une guerre totale…
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