ENTRETIEN – La tension est à son comble entre les deux pays depuis l’attentat du 22 avril au Cachemire indien, que l’Inde attribue au groupe terroriste islamiste pakistanais Lashkar-e-Toiba. Elle pourrait constituer un «risque réel» de guerre ouverte, selon le spécialiste du sous-continent indien Christophe Jaffrelot.
Après l’attaque sanglante qui a tué 26 touristes au Cachemire indien mardi 22 avril, la tension n’en finit pas de monter entre l’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires voisines. New Delhi, qui attribue l’attaque au groupe terroriste islamiste pakistanais Lashkar-e-Toiba, a immédiatement répliqué en frappant son ennemi historique. Dans la nuit de mardi à mercredi, l’armée indienne a mené une série de frappes sur «neuf camps terroristes» en territoire pakistanais, qui ont débouché sur des échanges de tirs d’artillerie et d’armes légères de part et d’autre de la frontière toute la journée du mercredi 7 mai. Au moins 43 personnes ont été tuées dans les deux camps, dont de nombreux civils, en faisant la confrontation militaire la plus violente entre les deux pays depuis 20 ans. Tandis que New Delhi prévient ce matin que toute attaque d’Islamabad suscitera une «réponse très ferme», le Pakistan assure qu’il «vengera ses morts». Une escalade unanimement dénoncée par l’Union européenne…
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