ENTRETIEN – Également ancien secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Friis Arne Petersen s’inquiète de la résurgence sous Trump «du continentalisme» américain, politique nationale historique visant à exclure tout adversaire de l’hémisphère et à s’y étendre.
LE FIGARO. – Comment réagissez-vous aux propos tonitruants et menaçants de Donald Trump promettant un achat ou une annexion prochaine du Groenland ?
Friis ARNE PETERSEN. – L’Europe, le Groenland et le reste du monde doivent prendre les déclarations de Donald Trump très au sérieux. Car elles ont été soigneusement préparées. La terminologie utilisée par le président pour présenter son idée de prise de contrôle ou d’acquisition du Groenland comme « une nécessité absolue » a été formulée par des gens habitués à négocier sur la sécurité. Les termes employés et leur contexte ne laissaient aucune place à l’interprétation. Le président a évoqué ce sujet lors de la présentation de la personnalité qu’il compte nommer comme ambassadeur au Danemark et invoqué une motivation différente de celle utilisée en 2019.
Les raisons avancées à l’époque – l’économie, l’exploitation minière – sont remplacées par une volonté classique d’expansion territoriale américaine pour motifs…
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