REPORTAGE – Dans cette ville du sud du Liban où les quartiers chiites ont été durement frappés, la minorité chrétienne s’interroge sur son avenir.
Le grand sapin paré de ses boules rouges trône comme chaque Noël dans la réception de l’auberge al-Fanar du quartier chrétien de Tyr, qui borde la mer et prolonge le port de pêche. Mais le salon de la vieille maison est vide. Le patron, Walid Salha, n’attend pas de miracle. « Personne ne reprend encore la route du sud du Liban », dit l’architecte formé en France. Depuis plus d’un an, le cœur touristique de la ville subit de plein fouet la guerre d’Israël contre le Hezbollah, sans que personne ne sache si le cessez-le-feu tiendra à l’issue de la période test de soixante jours.
« Grâce à Dieu nous avons été épargnés », sourit toutefois Kameel sur la terrasse ensoleillée de son café, non loin du petit port de pêcheurs. « C’est dans le quartier d’à côté qu’ils en ont bavé. » À côté, ce sont les musulmans chiites, très largement majoritaires à Tyr, comme dans tout le Sud autrefois bien plus équilibré sur le plan confessionnel. Quelques…
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