REPORTAGE – Malgré les menaces et l’intensification de la répression, les anti-Erdogan ont continué, mercredi, à défier le pouvoir, en menant une journée de boycott national.
Elle appelle ça « la révolte du Caddie vide ». Deniz, 45 ans, n’est pas allée faire ses courses au supermarché, ce mercredi 2 avril. Sur ses lèvres, un seul mot : « Boykot » (Boycott), terme devenu viral sur les réseaux sociaux et les tags muraux. « Notre façon de dire non à la dictature, non au pouvoir qui cherche à nous étouffer », lance cette architecte aux boucles brunes, mini-thermos de café dans une main, en contournant les barrières de police qui quadrillent la place Taksim, au centre d’Istanbul.
Comme elle, des milliers de Turcs ont répondu à l’appel, relayé sur les réseaux sociaux, à ne rien acheter de la journée. Un geste fort, symbolique, destiné à maintenir la pression sur le président Recep Tayyip Erdogan, plus que jamais contesté depuis l’arrestation pour « corruption », il y a quinze jours, du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu. « C’est aussi, insiste-t-elle, une marque de solidarité envers tous les manifestants qui sont aujourd’hui derrière les barreaux. »
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