Immigration : le Royaume-Uni divise les flux par deux en un an

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L’immigration nette britannique s’est contractée de moitié en 2024, passant de 860.000 à 431.000 personnes, selon l’Office national des statistiques (ONS). Ces chiffres offrent une bouffée d’oxygène au premier ministre travailliste Keir Starmer, sous pression de l’extrême droite sur ce dossier sensible.

Les mesures adoptées en 2023 par le gouvernement conservateur portent leurs fruits. Le relèvement du seuil salarial pour les travailleurs qualifiés et les nouvelles entraves au regroupement familial ont brisé net la dynamique migratoire. Les chiffres révèlent un effondrement généralisé : l’immigration de travail plonge de 49%, celle liée aux études recule de 17%. Les accompagnements familiaux, moteurs de la hausse précédente, ont vu leurs flux se tarir.

Ce bouleversement touche prioritairement les ressortissants extra-européens : Indiens, Nigérians, Pakistanais en tête. «Nous observons une diminution des arrivées sur visas professionnels et étudiants, doublée d’une hausse de l’émigration», confirme l’ONS. La tendance s’autoalimente : les étudiants internationaux, massivement arrivés après la levée des restrictions sanitaires, repartent désormais à l’expiration de leur titre de séjour.

Starmer récupère les dividendes de Sunak 

Pour le Premier ministre travailliste, ces chiffres tombent à point nommé. Depuis juillet, Keir Starmer fait face à des critiques de Nigel Farage, dont le parti Reform UK fait de l’immigration son thème de prédilection. En promettant début mai de «restaurer le contrôle» migratoire, le locataire du 10 Downing Street hérite paradoxalement du travail de sape de son prédécesseur conservateur. Son gouvernement, qui a salué ces résultats promet d’amplifier la tendance avec de nouvelles restrictions annoncées ce mois-ci.

L’équation démographique insoluble

Reste l’équation du fond. Comment concilier ce reflux migratoire avec les besoins manifestes d’une économie vieillissante ? Les prévisionnistes budgétaires l’ont déjà intégré : ce ralentissement pèsera sur la croissance 2025. En effet, le précédent est éloquent. En juin 2023 l’immigration nette culminait à 906 000 personnes, un record absolu qui avait électrisé le débat public. Depuis plus d’une décennie, l’immigration structure le débat politique britannique. Cette préoccupation populaire a alimenté le Brexit, poussé chaque gouvernement vers des mesures restrictives et contribue aujourd’hui à la montée de l’extrême droite. La contraction de 50% marque certes un tournant, mais elle pose déjà les termes du prochain débat : le Royaume-Uni peut-il durablement fermer ses frontières sans compromettre sa prospérité ? La réponse conditionnera l’avenir politique de Starmer.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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